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L’été BD LGBT 1 bis – Les participations au concours Jeromeuh

Pardon pour le retard, la rentrée toussah². Petit rappel pour ceux qui débarquent : il s’agit des participations au concours pour gagner un exemplaire dédicacé des Petites Histoires Viriles du pédéblogueur Jeromeuh qui a l’humour juste et efficace. Voila, juste efficace quoi !

Le nombre de participants et donc de participations est très réduit. Tant mieux, la bataille n’en sera que plus acharnée et tant pis pour les autres !

Je les mets dans l’ordre de réception, aucun favoritisme.

Je rappelle que le jury est formé de Foxy (@foxybrown), Yaggeur qui a eu l’idée du concours et qui m’a fournie le prix, Judith de Yagg, de Jean-Paul Jennequin de l’association LGBT BD (partenaire de Yagg), de Jeromeuh himself et de votre humble serviteur (serveuse je trouve ça… Moche ?).

Les résultats seront dévoilés très bientôt, en gros quand le jury se sera mis d’accord (comme vous êtes pas nombreux les votes seront peut-être très serrés).

Adriyen (@adrienc)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Christophe D. (@céline11)

Proposition 1 :

Proposition 2 :

Lady TornaV (@dm10127)

sylvainj (@sylvainj)

Proposition 1 :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Proposition 2 :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voila, Jury, à vos votes !

PS : les illustrations sont évidemment la propriété de leur auteur respectif, merci de le respecter.
De plus les commentaires resteront clos jusqu’à décision finale du jury.

Round 2 !

Egalité entre Adriyenc et la 1ère proposition de Christophe D., on revote ! Comme lot de consolation Sylvainj a pu voter pour la dernière manche.

Nous avons un gagnant !

Finalement le jury a départagé nos 2 participants aux coudes à coudes. C’est Christophe D. et sa première participation qui remporte le lot.

Je tiens à remercier une dernière fois le jury et les participants du concours. J’espère que ceux qui n’ont pas gagné ne sont pas trop déçus et qu’ils ont pris plaisir à s’amuser avec nous.

J’ouvre les commentaires 🙂

L’été BD LGBT 1 bis – Gagnez un exemplaire dédicacé des Petites Histoires Viriles de Jeromeuh !!

La génèse

Suite à mon article-critique enthousiaste de la BD  Les Petites histoires viriles du pédé blogueur Jeromeuh, un Yaggeur, Foxy (@foxybrown), m’a contactée en m’expliquant qu’il avait un exemplaire qu’on pouvait faire gagner aux Yaggeurs. Nous avons donc décidé d’organiser ce concours.

J’ai donc pris contact avec Jeromeuh sur son blog et sur sa page FB, puis par mail après confirmation de sa participation au jeu. Je tiens donc à dire qu’en plus d’être talentueux et marrant, il est super sympa et disponible, et c’est assez rare pour le préciser !

J’ai aussi contacté Judith et Jean-Paul Jennequin de l’association LGBT BD qui ont accepté de faire eux-aussi partie du jury.

Le concours

Le prix : un exemplaire dédicacé par Jeromeuh, au nom souhaité par le gagnant

Les dates : à partir de maintenant jusqu’au dimanche 11 septembre, minuit.

Le jury : Jeromeuh, Judith, Jean-Paul Jennequin, Foxy et moi-même

Les règles : Le jeu est réservé aux personnes inscrites sur Yagg, merci de bien indiquer votre pseudo afin que je puisse vous contactez en cas de victoire.

Comment participer? Racontez-nous « une petite histoire virile » (interprétation libre, mesdemoiselles n’hésitez pas ! 😉 ) sous forme d’un strip BD d’une page, de quelques cases ou d’un texte illustré (image, dessin, photo, montage, …). Vous pouvez participer sur votre blog (merci de poster le lien dans les commentaires), dans les commentaires directement, sur le mur de Yagg (merci de mettre le lien vers votre activité dans les commentaires) ou par mail : draco_mania@hotmail.com (les blagues douteuses et autres chaines sont prohibées, merci xD).

Comment gagner? Soyez drôles ! La petite histoire virile qui nous fera le plus rire remportera la victoire.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas. A vos claviers/crayons !

Merci beaucoup à Jeromeuh, Jean-Paul Jennequin, Judith et bien sûr Foxy 🙂

L’été BD LGBT 2 – Le bleu de Julie Maroh

On ne présente plus Le bleu est une couleur chaude. Après un succès d’estime relayé par les sites et blogs LGBT, dont Yagg et son partenaire l’Association LGBT BD, et sa publication aux éditions Glénat, le Festival International de BD d’Angoulême et l’attribution du Prix du Public Fneuk-SNCF a achevé de consacrer la première BD de Julie Maroh comme la meilleure la seule et unique BD pas comique LGBT à se faire connaître du grand public et pas seulement de la communauté (enfin dans mon Panthéon personnel en tout cas).

Les origines

Julie Maroh, comme pas mal de BD ces derniers temps, c’est tout d’abord un blog : Les coeurs exacerbés. Mais contrairement à de nombreuses BD à ressort comique, point de strip humoristique quotidien et à chaque page. Ici, il y a un peu de tout, des notes persos, intimes, d’actu bédéistique, d’illus, des extraits, des histoires courtes, des réflexions. Donc, non, vous ne retrouverez pas l’intégrale du Bleu gratos sur son site.

Ici, on parle d’amour. Pourquoi, comment tombe-t-on amoureux, quels sont les difficultés que l’on rencontre, à quel point souffre-t-on quand c’est fini, et de nombreuses autres questions y cherchent des réponses sans pour autant les trouver.

Pourquoi tu pleures?

Le dessin est très beau (à l’image de la couverture, je veux dire, ça se pose-là quoi !), les couleurs à l’aquarelle touchantes et l’écriture ancrée dans le réel, hésitante mais servant parfaitement l’histoire. L’histoire justement, sera tragique. On le sait dès le départ. La première page en BD est un peu l’équivalent de la première phrase d’un roman. Elle doit accrocher, toucher, poser ce qui va suivre. Présenter les éléments clés du récit. Ici, l’élément clé du récit, c’est Emma. Même si, comme on le découvre quelques pages plus loin, c’est Clémentine qui raconte l’histoire. Mais Emma n’est-elle pas au centre du récit de Clém?

A travers les yeux de Clém, on découvre les premiers émois d’une adolescente. Premiers émois envers une personne de même sexe. A partir de là, elle sera confrontée plus ou moins à tous les obstacles que chacun d’entre-nous (oui, « chacun », parce que je crois que cet ouvrage s’adresse au mec, à la fille, à l’hétéro comme à l’homo, à nous comme à notre famille et à nos amis) aura eu à affronter un jour. L’amour, l’amitié, les discriminations, la mort d’un proche, l’avenir. Ne passez pas à côté !

BD grand format, « new style » à la couverture souple, genre « roman graphique » (pfff !), c’est un bel objet de 156 pages couleurs ou noir & blanc & bleu selon les séquences du récit. On la trouve partout, pour indication à la Fneuk à 14€99 (euh ouais euh 15€ quoi), « coup de coeur des vendeurs ». Ca me fait plaisir de voir les votes et avis des internautes très positifs (5 étoiles Messieurs, Dames !) et des achats complémentaires de qualité et pas seulement LGBT (même si on retrouve naturellement La P’tite Blan), puisque les acheteurs ont également acheté du Chabouté (c’est excellent si vous ne connaissez pas).

L’été BD LGBT 1 – Les petites histoires de Jeromeuh

Parce qu’il faut que je le prête à Piteur, et que c’est le plus frais dans ma mémoire, je vais commencer par vous parler des Petites Histoires Viriles de Jeromeuh.

On parle de quoi, là?

Jeromeuh c’est un mec qui ne savait pas quoi faire, et qui s’est lancé dans le blog BD comme ça, au culot ! Et ça marche plutôt fort. Du coup, même s’il s’agit clairement d’un pédébédéblog, ils sont pas fous chez Delcourt, ils l’ont publié, pour notre plus grand fou rire !

Préparez-vous à vous sentir ridicules !

J’ai eu la bêtise de le lire seule, en terrasse d’une de mes cantines habituelles vers Les Halles. Je peux vous dire que pouffer comme une adolescente qui verrait passer Robert Pattinson, c’est un peu la honte. Surtout que évidemment comme vous êtes en terrasse, les gens qui passent dans la rue pensent que vous foutez de leur gueule… Deux sketchs m’ont particulièrement fait rire. J’ai dû les lire en plusieurs fois pour ne pas franchement éclater de rire et achever de perdre toute crédibilité devant les serveurs. Un peu comme quand j’ai lu le dernier post de @LGabrielle et que j’étais au boulot quoi.

L’emballage

Cette BD fait partie de la nouvelle génération des BD Franco-Belges ! Fi du standard A4, 48 pages, couverture cartonnée. Nous avons affaire à un bouquin souple, qui se glisse facilement dans un sac. Ca tombe bien, c’est le genre de BD qu’on peut lire facilement dans les transports, bref, c’est pratique ! Et pis c’est joli, tout en couleur, même si l’illustration de la couverture ne m’a pas plus enthousiasmée que ça (en fait j’ai préféré celle de la 4ème de couverture… :S).  La petite bio et le petit mot de Jeromeuh en 2ème et 3ème de couverture sont sympatoches.

Les dessins en eux-mêmes sont sympa, colorés, gais, … C’est pas du grand art mais c’est la norme habituelle des blogs BD !

Ca plaira à qui?

C’est CA qui est génial, à mon sens, c’est le GROS point fort de cette BD. Ca plaira à tout le monde, sans exception ! Et beaucoup de monde peut s’y reconnaître (à part peut-être la famille – wesh wesh – peut représentée, Jeromeuh doit pas avoir d’histoires drôles à nous raconter là-dessus). Si tu es gay, si tu es FAP, si tu es hétéro ou bi, si tu es célib ou en couple, si tu aimes l’humour noir (car il y en a aussi !), cours vite acheter cette BD !!

On le trouve à 13€50 à la Fneuk (et euh partout, pas seulement là bien sûr). A l’époque où je l’ai acheté, il était mis en avant dans le rayon Humour, en « Coup de coeur ». 13€50 euh rien à dire, ça les vaut ! Je précise que Jeromeuh ne vit que de son blog/BD/illustrations presse, donc il faut le soutenir ! Quand c’est bien, je le dis, achetez-le, offrez-le à vos amis, vos frères et soeurs, compagnes et compagnons, papa et maman (bon euh ya UNE scène de « cul » alors euh c’est comme vous le sentez 😀 cace-dédi à @Stid et @Risah, je balance moa ! :D), tout-le-monde !

Un jeu pour gagner un exemplaire des Petites Histoires Viriles sera bientôt organisé avec l’aide de @Foxybrown 😉

La BD sort du Zoo !

On entend régulièrement parler de la BD LGBT sur Yagg grâce à leur partenariat avec l’association LGBT BD. Mais avec une audience plus large, c’est le magazine gratuit Zoo, « magazine culturel sur la BD et les arts visuels », qui y consacre un dossier et qui l’annonce sur sa couverture du n°32 daté de mai-juin 2011. C’est à la Fneuk que je l’ai trouvé, mais ce magazine est aussi diffusé à Virgen ou dans d’autres boutiques du même genre. Donc quand je parle d’audience large, je déconne pas !

« La BD sort du placard »

Rendez-vous donc p.12 pour lire tranquillement les 4 pages consacrées à ce dossier (quand même ! On ne se moque pas de nous !).

Parlons un peu du dossier d’abord. On y apprend qu’il a été réalisé à l’occasion d’Angoulême et du Prix du public gagné par Le Bleu est une couleur chaude, que votre serviteur vous recommande très chaudement, justement. Prévoyez quand même un paquet de mouchoirs. Le dossier prend aussi place dans le cadre de la saison des gay pride, décrites un peu rapidement comme des « festivités homosexuelles ». Sigh. Bref, passons.

Culture, Histoire, Humour

Pour résumer, et parce que je n’ai pas envie de répéter ce qui est dit et que je l’ai lu il y a quelques temps déjà, j’y ai appris beaucoup de choses. De ma lecture, j’ai découvert une histoire de la BD LGBT qui remonte aux années 80 (bon ça m’étonne pas tant que ça) et qui, bien que peu riche en terme de quantité, comprend une variété impressionnante de « spécimens » et de références qui savent refléter la diversité-même de notre communauté. Sans compter l’internationalité de la chose. On voit aussi l’évolution du phénomène qui, si je caricature un peu, commença par des dessins et séries humoristiques, masculines et parfois produites par des hétéros qui, aidés par la libération des mœurs de l’époque commencèrent à explorer d’autres contrées artistiques. Peu à peu, les histoires deviennent plus sages, plus intimes, plus graves parfois. Et les femmes s’y mettent.

Ce que j’aime bien dans ce dossier c’est le travail de recherche qui a été accompli, le côté un peu « j’y connais rien mais tavu je me suis bien renseigné », ça fait vraiment plaisir. Ce dossier n’a pas été torché entre la pause de 10h et le déjeuner. La diversité de ce qui y est traité aussi, on y parle des séries à succès comme des indés, des trucs un peu dirons-nous « superficiels » comme les persos lesbiens fantasmes hétéros et des problématiques qui nous touchent plus intimement (homoparentalité, première attirances homosexuelles, etc.).

Les références qu’on connaît et qu’on aime bien : Jean-Paul Jennequin, « auteur, traducteur, journaliste, éditeur et président de l’association LGBT BD », Julie Maroh (Le Bleu est une couleur chaude) bien sûr et Galou et Blan, nos comiques révoltés.

BD Franco-Belge vs. US Comics

La BD LGBT c’est pas encore ça en France ! Et pourtant on a des auteurs. Le problème c’est que tout est trop clivé, ya les BD pour les hétéros, les BD pour les homos, les BD pour les jeunes, celles pour les vieux… D’après le dossier de Zoo, aux USA, on essaie de toucher un max de personnes ave UN produit. Du coup dans les comics, on retrouve souvent pleeein de persos, et dans ces persos, un maximum de diversité. On retrouve cette diversité dans les séries télé d’ailleurs. Mais aux Etats-Unis, tout n’est pas rose non plus, et pour plus de détails, je vous invite à lire l’encadré « Super-héros et homosexualité – Gay comics » et toute la 2ème page (/!\ oh putain, oh putain, en plus ya le baiser entre Apollo et Midnighter, un peu niais mais super mignon/!\).

On regrette un peu l’absence d’encart sur les manga, ben du coup ça vous motiveras à aller lire le blog de ma collègue @Akaimenousagi !

Et moi, là-dedans, qu’est-ce que je viens faire ?

Je m’engage à lire chaque BD sélectionnée dans les 2 dernières pages du dossier, soit 9 dont un manga (YES ! En plus c’est la première BD LGBT que j’ai lue – « Woot-Woot » \o/). J’en ai déjà lu 3, donc j’espère ne pas trop trainer pour vous livrer mes critiques. Ca vous donnera des idées de lectures pour l’été !

Teaser des critiques à venir :
Number 1 is Le Bleu est une couleur chaude de Julie Maroh
Siguiendo con Les Petites histoires viriles de Jeromeuh
And to finish (enfin avec les 3 premiers que j’ai déjà lu quoi)… Love my life de Ebine Yamaji

PS : Toutes les images sont (c) de leurs auteurs, bien entendu (si ya besoin je les retire)

Et si c’était pas lui ? – Kabbalah Esperanto de Olivia Cattan

(« Et si c’était lui ? » titre du chapitre 7)

/!\ Pour rédiger cette chronique, j’ai dû m’enfiler une canette de Mirage Exotique © et une glace Double Chocolat Nabuchodonosor © et surtout me constituer une playlist hyper putassière sur Deemerde © (merci à LGabrielle et Neky pour m’avoir aidée dans cette entreprise) histoire de faire passer la pilule et d’être au niveau. Merci quand même à Yagg de m’avoir fait gagner ce bouquin. Au moins je l’aurais lu une fois. Je suppose/espère que les autres livres de Olivia Cattan sont mieux. /!\

Cette critique est la version 2.0, je n’étais pas satisfaite de la 1ère. J’espère qu’elle vous apportera un peu de dépaysement, je vous l’écris dans le train, toujours une excellente source d’inspiration pour moi. Asseyez-vous et laissez-vous bercer au son de l’excellent album de Hocus Pocus, Place 54 (à écouter à chaque Voyage en train, de préférence en mode aléatoire).

Je la soul

Je n’ai pas pu dépasser la page 166(6) du bouquin soit à peu près la moitié. En cause, je dirais que le plus lourd à supporter a été pour moi le romantisme dégoulinant de guimauve de ce bouquin. En guise de thriller ésotérique promis, on se retrouve avec un Arlequin.

Move on

Jusqu’au bout de la première partie (« Etincelle », oui bah moi je cherche encore une étincelle…), j’ai espéré qu’ENFIN on nous parle un peu de la Kabbale, des trucs un peu mystérieux et que l’auteure sorte un peu des sentiers battus. Après avoir lu 24 chapitres, je dirais qu’un seul m’a vraiment plu. Mais alors pour le coup vraiment ! Effectivement quand Olivia Cattan aborde l’histoire de la Kabbale et des petits villages de France, ce roman semble pris d’un souffle de renouveau, qui disparaît bien vite… Je croise les doigts très forts (pas les orteils, ils sont en éventails, on peut pas tout faire) en espérant que dans la suite du roman les mystères kabbalistiques soient plus présents. Ceux qui l’auront lu en entier pourront me le dire, au pire ce n’est que le premier tome d’une série. Je lui conseille d’accentuer plus le côté mystère, suspense, thriller et de laisser un peu tomber cette histoire d’amour d’une platitude extrême (oui Prof Lolo est comme ça, elle donne des conseils aux pros).

Vocab !

Je ne remercie pas non plus l’éditeur pour avoir laissé des adaptations de la langue française assez particulières telles que « mais il me manquait quelque chose, celui avec qui partageait ce rêve » p.100 et « tu es été folle » p. 107.
Certes, il y en a peu, mais elles sont énormes et il faut le souligner.

Petit pays : petite pause politique, rien à dire…

M. Tout Le Monde

Aussi, s’il était possible de creuser un peu plus la psychologie des personnages, ça ne ferait pas de mal. Entre le personnage principal, stéréotype de la desperate housewife et le jeune acteur Robert« Pattinson » Turlinghton, on n’échappe pas à tous les lieux communs possibles et imaginables quand il est question d’amour. On se retape le répertoire des chansons d’amour cucul françaises et internationales et franchement on n’y trouve pas que du bon. Sans compter la fameuse scène du balcon, comme s’il n’existait pas d’autre histoire d’amour iconique à laquelle se référer. Et encore je passe sur les mères des deux héros, monstres psychologiques, origines de toutes les névroses et bourreaux de nos deux héros.

Histoire d’une VHS : pause nostalgie, pensez à cette époque bénie à laquelle Marc Levy n’existait pas.

Normal

C’est ça, ce bouquin est « normal ». Préférez-lui un Dan Simmons Brown (« c’est ma meuf, j’la déglingue! »), que je n’ai pas lu, mais il paraît que c’est bien. Ou tiens,  un Et si c’était niais ? de Pascal Fioretto, pas lu non plus mais ça a l’air drôle (merci Wikipédia). Ou encore un des thrillers ésotériques (ou pas) de Loevenbruck tel que Le Testament des siècles, moins original (comprenez par là que c’est encore du Christianisme – HANCACASALEHOMOPHOBE – dont on parle) mais bien mieux foutu (à part la fin, à vrai dire…).

Smile

Je pense que les autres oeuvres de l’auteure Olivia Cattan doivent être plus intéressants, elle s’en sort bien mieux quand elle raconte des morceaux d’histoires ou fait de la politique que quand elle écrit des histoires à l’eau de rose.

Recyclé : ah bah non c’est même pas imprimé sur du papier recyclé.

Voyage immobile et Tournée

On m’a dit de faire court, donc je passe sur plein de citations M.E.R.Veilleuses mais si vous le souhaitez, je prête ce bouquin à qui veut en poursuivant la nouvelle tradition d’annotations dans la marge et entre les lignes, que j’ai faites pour m’aider à supporter salecture. Tiens j’ai oublié un espace, « salecture » finalement ça résume assez bien mes impressions.

Touriste : si l’auteure est féministe, moi je ne suis pas misogyne.

De la Prison ruinée, de Brigitte Brami

Il était temps, je m’en excuse, voila enfin ma critique de La prison ruinée, essai publié aux Editions Indigène dans la collection Ceux qui marchent contre le vent. Merci encore à Yagg, je promets de mieux faire, enfin plus rapidement, la prochaine fois !

Présentation de la chose

Nous avons un petit bouquin, léger, qui tient facilement dans la poche, pratique ! Une trentaine de pages, couverture molle, peut-être un peu fragile mais bon vous allez pas jouer au foot avec non? Un bouquin, même à 3€, ça se respecte !
Dans cette collection, on trouve aussi le bouquin Indignez-vous que j’ai très envie de critiquer mais je le ferais pas car je ne l’ai pas lu, et c’est mal.
Bref, j’avais un peu peur.
Finalement, et avant de commencer à entrer dans le vif du sujet, sachez déjà que ce livre se lit assez rapidement. Faut dire, il est court (c’est pas du tout négatif hein). Maintenant j’aurais du mal à le lire en une fois, tout de même, essai oblige, sans doute, moi je préfère les histoires, j’ai plus l’habitude.
A la première lecture, soit j’avais un a priori très négatif, soit c’était euh l’effet première lecture, je ne sais pas, mais j’avais pas trop apprécié. Je vous dirais pourquoi par la suite. Je viens de le relire vite fait pour pas dire de bêtise, lecture moins attentive, mais beaucoup plus agréable.
Globalement bien écrit, le style est littéraire mais réel, parfois proche de l’oral et plus cru quand il s’agit de décrire des situations vécues, des anecdotes…

« Liberté, monument encore en construction… »

Pour cet article j’ai encore une chanson en tête, ça vous fera un peu de musique, toujours du rap français à texte, du parisien aussi tiens (faudra que je pense à changer de temps en temps), on commence par l’intro slammée par John Banzaï & Souleymane Diamanka, et ça c’est du vrai bon slam Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs :

Et pour le rap qui suit merci d’aller sur le MySpace du groupe Puzzle et d’écouter Si t’as pas d’pays. [pour celles et ceux qui préfèrent l’image, il y a un live avec un son correct , mais vous avez pas le début de la chanson, malheureux !]

Parlons des trucs désagréables comme ça ce sera fait

Réflexions posées sur le papier, j’ai eu l’impression que ça manquait parfois de plan, de cohérence, on passe d’un sujet à l’autre au grès des pensées de l’auteure. Ca a un côté « faut suivre » et un côté « se laisser porter par les flots (le flow?) » plus agréable. Les jeux de mots sont parfois faciles, parfois ils relèvent de la poésie (à la hauteur d’un bon rap, et vous savez comme j’estime le rap) (ne vous inquiétez pas, je ne ferais pas métaphore filée avec le rap pendant toute ma critique uhuh).
Les citations. Sont-elles de trop? Servent-elles la parole de l’auteure? Et les remerciements à des gens, figures de la littérature, de la bonne comme de la « moins bonne » (tout est relatif)? Les titres en « De le/la… »? Ce livre pourrait presque passé pour une oeuvre assez prétentieuse. Je me souviens que ça m’avait gênée à la (fameuse) première lecture. Sans doute s’agit-il, finalement, et simplement, d’un bel hommage.
La poésie des écrouées. On en parle beaucoup, j’aurais aimé en lire plus, je suis un peu restée sur ma faim. Je me rends compte que ce n’est pas exactement le propos de l’auteure, si je veux lire de la poésie, que je me contente de mes chansons de rap et des rares bouquins de « poésie carcérale » publiés.

Le truc qui m’a mise le plus mal à l’aise, et bien c’est…j’hésite à employer le mot, peut-être est-il trop fort? C’est la haine du Bourgeois Blanc. L’auteure livre ici une expression de ses pensées, et elle ne va certainement pas les nuancer pour nous. Que ça vous plaise ou non, c’est sans concession. Parfois je me suis sentie visée (après tout ne suis-je pas une Blanche un peu bourge?). Parfois je me suis sentie en accord avec ses paroles. Lors de la seconde lecture, le sentiment désagréable que j’en avais a pratiquement disparu. Cet essai est une belle critique de notre société et de ses inégalités.

Eloge de la prison, mépris de la société de consommation

Je résume, la réflexion est plus profonde, mais en gros la prison est dépeinte comme un lieu où nous pouvons atteindre la « vraie » liberté. Plus de temps chronométré, le temps passe, et c’est tout. Pas de place, de rôle préétablis dans lesquels il faut se conformer. Plus d’armes de distraction massive, de ferveur de la consommation. Plus de liberté sous surveillance. Le corps est contraint, mais l’esprit est libre. Sans toutes les contraintes que nous impose la société, l’individu peut alors se consacrer à lui et à ses grandes oeuvres (les grands auteurs qu’on n’aurait pas forcément de lire, les bouquins à écrire…).

Là encore, pauvre nous, qui n’avons pas eu la chance, limite le bonheur, d’avoir été incarcérés, nous sommes la cible de cette critique un peu rentre-dedans. Victimes et bourreaux de cette société, nous consommons en nous y perdant. En plus d’être un peu pédant par moment, j’y ai ressenti un brin de « moralisation » qui m’ a aussi un peu dérangée. Pardon d’être née Blanche, dans un environnement plutôt aisé, d’avoir vécu à Versailles, ai-je envie de dire à la fin de ma première lecture. Ca me rappelle les discours LGBT et féministes parfois si extrêmes que le mâle Blanc hétéro écope de toute la culpabilité du monde. Bonjour Atlas, ça va, pas trop lourd?

Le dernier truc que j’ai moyennement aimé, c’est un peu la victimisation de l’auteure. Je m’y connais pas trop en littérature, un essai, ça doit rester objectif? Je ne sais pas. Je ne connais pas Mme Brami, ni son histoire (mis à part ce qui est relaté dans le bouquin). Mais je trouve ça dommage de discréditer un peu son livre en criant à son innocence « ontologique » (mouais bon ok…) et à l’injustice.

Sentiments exacerbés

Mais finalement ce qu’on retient de cet essai, et ce que j’ai vraiment ressenti à la 2ème lecture, c’est la solidarité. La multiculturalité, où l’opposition des différentes parties de la population n’existe plus, tout le monde ou presque est au même niveau. On dépasse les différences.
J’ai aussi beaucoup aimé le passage où Brigitte Brami relate sa relation avec Sonia. J’ai trouvé ça beau et vrai. Ca m’a touchée, un peu.

La prison, mal nécessaire de notre société?

L’auteure pose de vraies questions, philosophiques et sociales. Philosociales? La prison, c’est mal, on est tous d’accord, maintenant pouvons-nous vraiment nous en passer? J’ai trouvé ça un peu abusé de comparer ça à l’esclavage, ça m’a même révoltée, à vrai dire. Mais bon, passons. On a dit que ce bouquin était sans concession.
Qu’est-ce qui sépare une écrouée d’une surveillante? Qu’est-ce qui fait, qu’un jour, tout bascule? La vie est capricieuse. Il s’agit parfois d’un rien. Cette fragilité du fil de la destinée (tsss, je n’y crois pas, mais imaginons), qui vacille, qui nous fait passer de Roi à mendiant, est formidablement abordée.

Conclusion : tu n’oserais pas tout de même?

Si, j’ose, dans ce bouquin tout est affaire de culot. J’ose comparer ce livre à Sucker Punch, je suis comme ça moi, hop, je fais des grands écarts, je mets le cinéma au même rang que la littérature, je compare un film d’action geek à un essai sur la prison et la liberté. Et je m’en explique, quand même : cet essai c’est un message. Un message à tout le monde déjà : essayez d’être libres et heureux. Entre les murs, ou dehors. Et un message à ses anciennes camarades : faites tomber la prison. Ruinez-la. Aimez-la. Tout comme Babydoll imagine un univers plus « glamour » que son hôpital psychiatrique avec un bordel, un bordel dans lequel elle et ses compagnes auraient un certain pouvoir, le pouvoir de se libérer, Brigitte Brami offre ce même pouvoir de l’imagination à ses camarades.

Après tout, je vous rappelle la punch line de l’affiche : « La réalité est une prison. Votre esprit est la clé »

« il faut montrer patte noire pour y entrer » p.27 : tout le monde n’y entre pas ! C’est réservé à certaines privilégiées, tout comme dans le bordel où se retrouve Sucker Punch.
« Le bonheur? Je le reconnus à chaque fois qu’une jolie phrase fût prononcée ; que deux détenues se serrèrent l’une contre l’autre… » p.29 : ne soyez pas surpris, dans le livre le bonheur se confond avec la liberté, ces 2 notions si proches, si liées…existent aussi dans Sucker Punch où les liens si forts entre les héroïnes leurs apporte un bonheur qu’elles n’avaient plus.
« à chaque fois qu’une femme exprimait son refus, s’extirpant ainsi de l’image figée, fixée, statique, immuable et mortifère de prisonnière qui la réifiait ; un combat était gagné » p.29 : la danse de Babydoll peut être vue comme une métaphore de ce mouvement mental (car je le rappelle on ne la voit jamais danser physiquement !) qui libère de la condition de la prisonnière.
« Les surveillantes […] deviennent des domestiques » et vous êtes « à l’instar des plus grands de ce monde » p. 21 : Babydoll devient une star dans le bordel. Et les héroïnes réussissent (presque) à obtenir tout ce qu’elles veulent du personnel de la maison clause et de ses clients.
« c’est ainsi qu’on devient écrivain à l’instar de Jean Genet, ou d’Albertine Sarrazin qui refusèrent de se laisser raconter par d’autres qu’eux-mêmes. » p.22 : les héroïnes de Sucker Punch, en imaginant les univers parallèles qui jalonnent le film racontent leur histoire à leur manière également.
« …contre leur corps, mais elles resteront intactes dans leur intégrité, car « les gens normaux » – ou plutôt normés – ne les intéressent pas, tandis qu’eux restent fascinés par elles, dans une dynamique d’attirance-répulsion. » p.14 : tout comme les héroïnes de Sucker Punch, si elles donnent leurs corps, elles ne donnent pas leurs âmes (hou, comme c’est beau !), et obtiennent en échange quelque chose, contrairement aux Bourgeois ou clients du bordel-hôpital psychiatrique qui n’obtiennent rien.

L’auteure n’est pas naïve, elle sait que c’est une imposture, mais pour elle, il faut répondre à l’imposture de la prison par une autre. Et elle précise aussi que ce bouquin, c’est ce qu’elle a vécu, elle dit bien que ce n’est pas forcément l’expérience de chaque femme incarcérée et encore moins de tous les écroués en général. C’est un témoignage et un message fort.

Voila, je vous remercie de m’avoir attendue jusque là.

PS : La prochaine fois je vous ferais une leçon sur Comment changer d’avis du tout au tout sur un bouquin, Comment réaliser 2 critiques en une et Comment essayer de réhabiliter un film qu’on a jugé sexiste 😀
PS2 : Si vous insistez et que j’ai le temps, je pourrais éventuellement réaliser une critique plus complète de Sucker Punch. Ce film le mérite.

Eros/Psyché de Maria Llovet : Guide de lecture

Eros/PsychéOu comment apprécier la lecture de ce « roman graphique » en 3 points.

On a lu quelques critiques pas forcément très encourageantes à propos de ce shojo (manga pour filles) espagnol, publié chez Emmanuel Proust éditions, collection Atmosphères, ici et ici. Je vais donc me faire l’avocat du « diable » et vous expliquer en quelques règles à suivre comment passer un bon moment avec ce bouquin.

1-      Apprécier l’objet

Comme l’ont dit mes amies et collègues, le bouquin est tout simplement magnifique. C’est là qu’on voit qu’il s’agit d’un manga à l’européenne, le papier est de qualité, la couverture est cartonnée et imprimée en relief. Les manga sont quant à eux imprimés en noir et blanc sur du papier recyclé, il est destiné à être vendu pas cher (4€), consommé et jeté dans la foulé. Ca rigole pas au Japon !

2-      Le considérer comme un shojo à l’européenne

Si ce bouquin répond à la définition (Wikipédia) de roman graphique dans sa forme, j’aimerais le caractériser plus de manga à l’européenne. Pourquoi manga ? Le style graphique entre Manara (m’a-t-on signalée 2 fois) et le manga habituel, le noir et blanc, le style dépouillé, surtout dans les décors, le découpage original, presque cinématographique (encore que le découpage des manga pousse le concept bien plus loin), le peu de texte, de bulles, comme dans le shojo… mais de longs récits pour les histoires plus longues (comme celle de Eros et Psyché). Dans les thèmes abordés aussi on retrouve le shojo avec un récit initiatique (commun pour les shojo et les shonen, pour les garçons), un espace coupé du monde avec une unité de lieu, et un découlement du temps plutôt flou (il semblerait qu’il ne se soit passé qu’une année, mais comment être sûr ?), des histoires d’amitié et d’amour, les règles et l’autorité, la réussite personnelle et professionnelle, les études, la nature, l’importance de l’uniforme, l’absence d’adulte, l’opposition tradition/progrès et critique de la société (les fameuses pilules)…

Pourquoi à l’européenne ? Je ne reviendrai pas sur le format BD franco-belge. Mais clairement, à trop vouloir jouer avec les codes du manga, sans en être puisque pas Japonais (ou Coréen ou Chinois, parce que eux aussi font d’excellents « manga »), et bien on se retrouve légèrement en deça de ce qu’on attendrait d’un vrai manga. Les graphismes par exemple pêchent un peu, il est vrai qu’au début il est ardu de différencier les personnages. Et le découpage bénéficie parfois de grosses facilités attendues (la rose qui se flétrit, le fil qu’on renoue…bon, pas très original ça Madame !).

3-      Accepter de ne pas tout comprendre

Et bien oui, autant vous le dire tout de suite (mais à la limite quand on est habitué à lire des manga ou de la science-fiction, on le voit vite venir), non, tous les mystères de l’intrigue ne vous seront pas dévoilés. Mais POURQUOI ?? (dixit Philippe Manoeuvre quand il était au jury de la Nouvelle Star) Et bien parce que ce n’est pas important. L’important ce sont les relations entre les personnages, et le reste est dépouillé. Le graphisme des personnages est simple, ce n’est pas important non plus, parce qu’en fait ça pourrait être n’importe qui. On ne sait pas bien où se trouve le pensionnat, il pourrait être n’importe où. Qu’étudient les jeunes filles ? peu importe.

De plus, ce manga fait parti de ceux qui essaient de vous planter dans une ambiance poétique, floue, mystérieuse, hors du monde et du temps. Et bien c’est pas mal réussi ! Le lecteur peut être perdu, et c’est volontaire. Les élèves du pensionnat ne le sont-elles pas elles aussi de temps en temps ?

4-      Ne pas avoir vu Strawberry Panic !

D’après mon royal-chaton, on trouve de très très nombreuses ressemblances, vous auriez donc l’impression d’avoir déjà lu 50 fois ce roman (peut-être même en mieux…), et ce serait quand même dommage.

Volontairement je ne vous dévoilerai pas les réponses à certaines questions qu’on découvre à la fin. Mais je pense que certaines explications peuvent rester un peu vagues ou incompréhensibles, comme ce qu’on trouve derrière cette fameuse porte. Chacun y comprendra ce qu’il veut finalement.

Les amateurs et le bon public (dont fait parti votre serviteur), et à peu près tout le monde (un tant soit peu qu’on suive les règles dictées ci-dessus) apprécieront donc cette bande-dessinée et passeront un très bon moment à la lire. Je n’ai personnellement pas vu le temps passer à la lire, j’ai apprécié à leur juste valeur les graphismes, compris les ellipses et les ai acceptées, et ai même été un peu émue en lisant l’histoire des jeunes amantes (bon là je crois que je ne spoile rien de très évident).

Je pense donc que cette première publication est très très prometteuse et révèle un excellent potentiel. Reste à l’auteure à améliorer ses dessins et surtout à les personnaliser (oui, oui, Prof Lolo donne aussi des conseils aux pros). Au vu des premiers jets (merci @yccallmejulie), on reste sur la symbolique de la rose (c’est une obsession ou quoi ?), mais ça a l’air d’être beaucoup plus personnel et personnalisé. On reconnaît plus la patte de l’auteure.

Pour voir d’autres regards sur la BD c’est ici (et c’est aussi sur Yagg) et .