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Réponse à M. Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France

Le contexte

Alors que je partageais sur Facebook le lien vers l’article de Yagg sur le livre du mariagepourtous.info qui répond aux arguments des opposants à celui-ci, une connaissance de primaire-collège vint commenter en postant à son tour un lien vers un article du Grand Rabbin de France, M. Gilles Bernheim, sobrement intitulé « Mariage homosexuel [sic], homoparentalité et adoption : Ce que l’on oublie souvent de dire. » Heureusement qu’il est là donc. Ce vieil ami me précise alors qu’il est désolé de ne pas formuler une réponse lui-même, mais qu' »[il] ne [saurait] mieux dire » [sic].

Vous me connaissez, depuis quelques mois, je suis extrêmement fatiguée et touchée par ces polémiques et « débats » stériles, avec des « arguments » qui n’en sont pas, ou sont tout du moins faibles et ne tiennent pas debout. A dire vrai, je fuis toute discussion où je risque de me prendre la tête. Ca tombe bien, mes proches sont pour la plupart très compréhensifs. J’ai dû cependant sortir en vitesse du cours d’Anglais où la prof qui est un peu con-con avait eu la bonne idée d’aborder ce thème là pour une discussion en classe. Figurez-vous qu’elle n’était même pas contre le mariage, mais contre l’adoption, et – d’où le « con-con » – même pas pour des raisons que j’aurais pu considérer comme discutables genre « l’intérêt supérieur de l’enfant » et autres conneries, mais, pire, pour des raisons relevant de la psychologie de comptoir. Au moment où elle a sorti « Mais vous vous rendez compte, deux hommes avec une petite fille, et le lien biologique avec la mère?! », et puis « ils ne sauraient pas comment faire ! », je me suis dit que c’en était assez, je suis partie du cours, sans rien prendre sur moi autre que mon smartphone, en sautant par dessus les tables parce que j’étais coincée entre le mur et ma voisine, et en disant que je n’en pouvais plus, que je ne le supportais plus, et que je revenais dans 10 min, le temps de les laisser finir.

Ce n’était même pas de la colère ou de la tristesse, mais plutôt une espère de claustrophobie, j’étouffais, j’étais oppressée. Je voulais qu’on arrête de me parler de ça. De donner des avis sur moi, mon couple, et ma capacité à fonder une famille ou à élever un mioche. Si au moins c’était des arguments intelligents. Mais non, ce sont pour la plupart des conneries sexistes et hétérocentrées/normées.

Alors qu’a-t-il pu me pousser, cette fois-ci, à sortir de mon retranchement entre-les-miens, à cette isolation communautaire, dans laquelle j’étais à peu près bien? Je ne discutais plus de ces sujets, qu’avec des gens plus ou moins d’accord avec moi, et qui acceptaient que j’en parle. Certes, de temps en temps, on me ramenait sur Terre, parfois un peu brutalement (merci Twitter).

Et bien mon « pote » m’a dit que c’était « honnête intellectuellement ». Comme c’est assez long, je vous laisse lire l’introduction, et vous faire une idée de l’honnêteté intellectuelle dont il s’agit là (ahah).

Au début, j’ai voulu faire ça bien, en honneur à notre amical passé, au fait que je le considérrrrrais comme intelligent (je ne sais pas si c’est toujours le cas…), et au fait que ça semblait discutable et qu’il semblait lui-même ouvert à la discussion. J’ai donc passé un temps infini à lire et écrire sur des pages Word ce que j’en pensais, en essayant de ne pas trop être ironique ou affectif, d’être structurée (la STRUCTUUURRRRR ! hem, pardon, la fatigue) et d’argumenter. Finalement, comme je lui dis plus tard, ça commençait à être vraiment trop douloureux mentalement, trop long pour mon temps libre, et trop énervant (que voulez-vous répondre à des arguments *vides*?!). Donc j’ai arrêté de lire à la moitié, j’ai lu en diagonal la fin et j’ai donné sur FB, en message privé où nous avions poursuivi la conversation, une réponse un peu plus courte, donc évidemment moins argumentée que ce que je voulais faire initialement. Mais ma réponse me contente, et je crois, pour mon bien-être, que c’est le principal.

Ma réponse, copiée-collée telle quelle (les fautes en moins)

Bon j’en suis à la moitié. Ecoute, ça me fait beaucoup de mal, ça me prend beaucoup de temps, parce que j’essaie de te répondre en lisant, et de le faire bien, de manière sérieuse et tout. Mais ça me fait vraiment beaucoup de mal. Je ne suis pas d’accord avec toi (allons, ce n’est pas grave, nous ne sommes pas si proches et ce n’est ni une perte pour toi, ni pour moi, j’ai la chance d’avoir des proches qui sont plus compréhensifs). J’accepte de te perdre de vue, si c’est en ces choses-là que tu crois, et je pense que c’est réciproque. Je t’explique pourquoi j’arrête de lire ci-après.

Ce n’est qu’un ramassis de fantasmes (des mots qui se substitueraient à d’autres, des complots, des lobbys qui cherchent à faire entrer je ne sais quoi dans les moeurs de notre beau pays), de fausses vérités assénées (la généalogie n’est pas naturelle ni biologique, elle est sociale et culturelle et la société change, nulle démonstration anthropologiquement correcte là-dedans, et je ne parle même pas de la psychologie de comptoir).

Ce monsieur, sous couvert d’être aimable, m’insulte et insulte mon « couple » comme il dit si bien, ainsi que ma « famille » si d’aventure je souhaitais en créer une, sans parler de tous mes amis qui selon lui ne seraient pas vraiment « parents » et leurs enfant qui ne seraient pas bien structurés, les pauvres chéri-choux.

Je suis vraiment désolée de ne pas avoir tenue jusqu’au bout, j’ai essayé pourtant. Mais manifestement ce monsieur croit en des choses dur comme fer. Oui, la femme et l’homme sont manifestement sexuellement différents, ils seraient stupide de dire le contraire. Oui, biologiquement, il faut un homme et une femme pour se reproduire (je dirais plutôt un gamète mâle et un gamète femelle), et en ça je veux bien qu’on parle de complémentarité (sans oublier qu’il n’y a pas d’autre solution qu’une femme pour porter le fétus). Mais je me sens moi-même toute seule très complète, merci, et mon « couple » (ahah) n’a nul besoin d’homme pour être complet, merci aussi.

Contrairement à ce qu’on nous assène, notre désir (ou pas) d’enfant n’est pas plus égoïste que celui des couples de personnes de sexes différents. Nous ne souhaitons pas un enfant. Nous souhaitons élever un gamin pour qu’il soit le mieux possible.

La généalogie, la filiation, créations purement sociales et qui changent selon les sociétés auxquelles on s’intéresse et les époques, la structuration, etc. ce n’est pas compliqué pour l’enfant, il s’adapte, comme il s’adapte à des familles monoparentales, recomposées, adopté ou pas (je rappelle, contrairement à ce que dit ce monsieur, qu’on peut adopter en étant célibataire, elle est où sa complémentarité à deux balles, et le besoin de l’enfant de se réconcilier avec la femme-mère qui l’abandonne et autres conneries?). Du moment qu’on l’aime et qu’on lui explique d’où il vient, pas de quoi le déboussoler.

J’ai lu vite fait en diagonale jusqu’à la fin. Ce qui l’horripile, et je veux bien en discuter avec toi, c’est la remise en question de la différentiation des genres. Pour t’expliquer en 3 mots les études du genre (qu’on appelle « gender studies » en anglais, pour faire peur, ça vient des USA alors c’est mâââl, ça inquiète les gentils Français) – bien que je ne sois pas spécialiste : il y a le sexe anatomique (homme et femme, et tout un éventail entre eux, dont intersexué, moi je suis une femme), le genre (qui est ce à quoi s’identifie la personne, encore une fois homme, femme ou entre les deux, je m’identifie plutôt femme), les deux peuvent être différents, on parle, il me semble, de dissonance, ce qu’on appelle être transexuel (on est transgenre, plus large, lorsque le genre auquel on s’identifie est différent de celui qui nous a été assigné à la naissance, en général son sexe), et enfin, l’expression de genre (masculin et féminin, entre les deux on peut parler d’androgynie par exemple, moi je suis plutôt androgyne physiquement, avec une attitude plutôt masculine). Cela n’a, et j’insiste, absolument aucun rapport avec l’orientation sexuelle. A part qu’un trans, lorsqu’il change de genre ou de sexe peut effectivement ne pas appeler pareil son orientation sexuelle (logique) et passer par exemple d’hétéro à gay. Ce sont des études scientifiques et non pas une « théorie » qu’on aurait sortie du chapeau.

Dans les recherches qui sont faites, on regarde ce qui est inné et ce qui est acquis, ce qui est naturel et biologique, et ce qui est social et culturel. On ne remet pas en cause, comme tu peux le voir, le fait qu’il y a des différences objectives entre les hommes et les femmes. Par ailleurs, si on niait la différence entre les sexes, pourquoi ne serions-nous pas tous bisexuels?!

Petite précision sur le terme « queer » qui veut effectivement dire « bizarre » en anglais. Il s’agit d’une réappropriation d’une insulte, de notre part, afin qu’elle perde de son caractère insultant. De même, entre-nous, il arrive fréquemment qu’on s’appelle « pédé » ou « gouine ». Venant d’une personne que je ne connais pas, je le prendrais mal, mais de mes amis « queer », justement, c’est positif.

Ah oui, que je n’oublie pas de répondre sur le mariage comme institution et la protection juridique. La symbolique du mariage, nous ne voulons pas la supprimer, c’est justement pour cela que nous – moi en tout cas – nous battons pour pouvoir nous marier. Et non pas seulement nous unir ou nous pacser. Oui, la législation et les décisions juridiques vont de plus en plus vers les nouvelles formes de familles, mais c’est très lent, et pendant ce temps de nombreuses familles (certes, pas majoritaires, mais je ne vois aucune raison d’être laissés pour compte, pas plus que les Noirs qui étaient eux-aussi minoritaires) sont dans l’incapacité de donner un cadre juridique qui les protège. Certes, des juges autorisent parfois la délégation de l’autorité, mais c’est au bon vouloir du juge, on a beau dire, la justice n’est pas *si* objective que cela, surtout en absence de législation, tu en conviendras…
Une petite infographie sur le genre et la sexualité : http://dwam.tumblr.com/post/39467430176/odeurdesaintete-by-asexual-not-a-sexual-a
Si tu veux d’autres liens, je peux t’en trouver. Mais clairement, si tu es très accroché au concept de différentiation et complémentarité des sexes, ça va être dur de discuter
Bonne nuit !

PS rien que pour vous

Encore une fois je ne suis pas spécialiste, cette réponse est loin d’être complète et parfaite, et il peut y avoir des erreurs sur des sujets que je suis loin de maitriser (transidentitié, études du genre, juridique…), malgré ma lecture assidue de Yagg et des blogs.

Je souhaitais rajouter un lien vers un article de blog de Mme Duru-Bellat, sociologue, que j’ai lu aujourd’hui et qui parlait très bien des études du genre, mais le lien est inaccessible pour le moment. Il aurait apporté des précisions à mes maigres connaissances sur le sujet.

Si je partage cette réponse avec vous, c’est pour compatir la douleur que l’article du Rabbin m’a procurée, et pour que ça serve, un peu. Pour aussi témoigner de ce nouvel affront qui nous est fait, pour que nous n’oublions pas que parmi nos malfaiteurs, il y avait aussi M. Gilles Bernheim.

J’aimerais aussi vous remercier, juste parce que vous m’informez, vous me faites rire, vous existez, vous vous battez pour moi et parfois à mes côtés quand je vous rejoins. Merci les amis !

Et maintenant au lit, bonne nuit !

L’été BD LGBT 2 – Le bleu de Julie Maroh

On ne présente plus Le bleu est une couleur chaude. Après un succès d’estime relayé par les sites et blogs LGBT, dont Yagg et son partenaire l’Association LGBT BD, et sa publication aux éditions Glénat, le Festival International de BD d’Angoulême et l’attribution du Prix du Public Fneuk-SNCF a achevé de consacrer la première BD de Julie Maroh comme la meilleure la seule et unique BD pas comique LGBT à se faire connaître du grand public et pas seulement de la communauté (enfin dans mon Panthéon personnel en tout cas).

Les origines

Julie Maroh, comme pas mal de BD ces derniers temps, c’est tout d’abord un blog : Les coeurs exacerbés. Mais contrairement à de nombreuses BD à ressort comique, point de strip humoristique quotidien et à chaque page. Ici, il y a un peu de tout, des notes persos, intimes, d’actu bédéistique, d’illus, des extraits, des histoires courtes, des réflexions. Donc, non, vous ne retrouverez pas l’intégrale du Bleu gratos sur son site.

Ici, on parle d’amour. Pourquoi, comment tombe-t-on amoureux, quels sont les difficultés que l’on rencontre, à quel point souffre-t-on quand c’est fini, et de nombreuses autres questions y cherchent des réponses sans pour autant les trouver.

Pourquoi tu pleures?

Le dessin est très beau (à l’image de la couverture, je veux dire, ça se pose-là quoi !), les couleurs à l’aquarelle touchantes et l’écriture ancrée dans le réel, hésitante mais servant parfaitement l’histoire. L’histoire justement, sera tragique. On le sait dès le départ. La première page en BD est un peu l’équivalent de la première phrase d’un roman. Elle doit accrocher, toucher, poser ce qui va suivre. Présenter les éléments clés du récit. Ici, l’élément clé du récit, c’est Emma. Même si, comme on le découvre quelques pages plus loin, c’est Clémentine qui raconte l’histoire. Mais Emma n’est-elle pas au centre du récit de Clém?

A travers les yeux de Clém, on découvre les premiers émois d’une adolescente. Premiers émois envers une personne de même sexe. A partir de là, elle sera confrontée plus ou moins à tous les obstacles que chacun d’entre-nous (oui, « chacun », parce que je crois que cet ouvrage s’adresse au mec, à la fille, à l’hétéro comme à l’homo, à nous comme à notre famille et à nos amis) aura eu à affronter un jour. L’amour, l’amitié, les discriminations, la mort d’un proche, l’avenir. Ne passez pas à côté !

BD grand format, « new style » à la couverture souple, genre « roman graphique » (pfff !), c’est un bel objet de 156 pages couleurs ou noir & blanc & bleu selon les séquences du récit. On la trouve partout, pour indication à la Fneuk à 14€99 (euh ouais euh 15€ quoi), « coup de coeur des vendeurs ». Ca me fait plaisir de voir les votes et avis des internautes très positifs (5 étoiles Messieurs, Dames !) et des achats complémentaires de qualité et pas seulement LGBT (même si on retrouve naturellement La P’tite Blan), puisque les acheteurs ont également acheté du Chabouté (c’est excellent si vous ne connaissez pas).

L’été BD LGBT 1 – Les petites histoires de Jeromeuh

Parce qu’il faut que je le prête à Piteur, et que c’est le plus frais dans ma mémoire, je vais commencer par vous parler des Petites Histoires Viriles de Jeromeuh.

On parle de quoi, là?

Jeromeuh c’est un mec qui ne savait pas quoi faire, et qui s’est lancé dans le blog BD comme ça, au culot ! Et ça marche plutôt fort. Du coup, même s’il s’agit clairement d’un pédébédéblog, ils sont pas fous chez Delcourt, ils l’ont publié, pour notre plus grand fou rire !

Préparez-vous à vous sentir ridicules !

J’ai eu la bêtise de le lire seule, en terrasse d’une de mes cantines habituelles vers Les Halles. Je peux vous dire que pouffer comme une adolescente qui verrait passer Robert Pattinson, c’est un peu la honte. Surtout que évidemment comme vous êtes en terrasse, les gens qui passent dans la rue pensent que vous foutez de leur gueule… Deux sketchs m’ont particulièrement fait rire. J’ai dû les lire en plusieurs fois pour ne pas franchement éclater de rire et achever de perdre toute crédibilité devant les serveurs. Un peu comme quand j’ai lu le dernier post de @LGabrielle et que j’étais au boulot quoi.

L’emballage

Cette BD fait partie de la nouvelle génération des BD Franco-Belges ! Fi du standard A4, 48 pages, couverture cartonnée. Nous avons affaire à un bouquin souple, qui se glisse facilement dans un sac. Ca tombe bien, c’est le genre de BD qu’on peut lire facilement dans les transports, bref, c’est pratique ! Et pis c’est joli, tout en couleur, même si l’illustration de la couverture ne m’a pas plus enthousiasmée que ça (en fait j’ai préféré celle de la 4ème de couverture… :S).  La petite bio et le petit mot de Jeromeuh en 2ème et 3ème de couverture sont sympatoches.

Les dessins en eux-mêmes sont sympa, colorés, gais, … C’est pas du grand art mais c’est la norme habituelle des blogs BD !

Ca plaira à qui?

C’est CA qui est génial, à mon sens, c’est le GROS point fort de cette BD. Ca plaira à tout le monde, sans exception ! Et beaucoup de monde peut s’y reconnaître (à part peut-être la famille – wesh wesh – peut représentée, Jeromeuh doit pas avoir d’histoires drôles à nous raconter là-dessus). Si tu es gay, si tu es FAP, si tu es hétéro ou bi, si tu es célib ou en couple, si tu aimes l’humour noir (car il y en a aussi !), cours vite acheter cette BD !!

On le trouve à 13€50 à la Fneuk (et euh partout, pas seulement là bien sûr). A l’époque où je l’ai acheté, il était mis en avant dans le rayon Humour, en « Coup de coeur ». 13€50 euh rien à dire, ça les vaut ! Je précise que Jeromeuh ne vit que de son blog/BD/illustrations presse, donc il faut le soutenir ! Quand c’est bien, je le dis, achetez-le, offrez-le à vos amis, vos frères et soeurs, compagnes et compagnons, papa et maman (bon euh ya UNE scène de « cul » alors euh c’est comme vous le sentez 😀 cace-dédi à @Stid et @Risah, je balance moa ! :D), tout-le-monde !

Un jeu pour gagner un exemplaire des Petites Histoires Viriles sera bientôt organisé avec l’aide de @Foxybrown 😉

Histoire de Red

En réponse à http://blogdelacommunaute.yagg.com/2011/07/13/histoires-de-pseudos/ : j’arrive après la guerre, mais mieux vaut tard que jamais 🙂
En fond sonore, je vous propose quelques titres de Zebda, un peu nostalgiques, ça va bien avec le fond de l’article (comme ça je serais p’tete pas la seule avec la larme à l’oeil, mais c’est peut-être un peu trop vous demander :D).

Red, c’est tout ce qu’il reste de mes anciens pseudos. Draco_Mania, Sang_Dragon, Red_Crystal, Kared, Infra_Red, Red_0313, bref, les pseudos changent et le Red reste :).

C’est à l’âge de 11 ans que le petit Red débarqua sur Internet. A l’époque, ses parents venaient d’avoir un PC de bureau gratis (merci le travail de Papa). A l’époque, les écrans n’étaient pas plats, c’était Windaube 95, les Unités Centrales étaient encore horizontales et en général placées sous l’écran. On était en 56 K à l’époque, le Minitel existait encore, on frémissait au son de la connexion aux lignes téléphoniques, on comptait les minutes quand on n’était pas en illimité. Et puis quand, enfin, on passait en 128 puis 512 K, on se moquait de ceux restés bloqués à l’arrière du peloton.

Avec le PC venait une suite de logiciels et jeux offerts. C’est là que le drame eût lieu, ma geekitude prend ses origines dans ce cadeau empoisonné. Je trouvai dans ce pack Age of Empire et Baldur’s Gate (sur DVD, un DVD vous imaginez ?!!). Après avoir maîtrisé AOE, comme on disait à l’époque, en long en large et en travers, j’eu vent du site Internet GOA.com. GOA… GOA sur lequel on pouvait jouer à une multitude de jeux en ligne grâce à leurs serveurs. Et gratuitement en plus. A l’époque, les développeurs/éditeurs ne possédaient pas leurs serveurs persos et GOA pouvait à loisir exploiter le filon du jeu en ligne. Ma première communauté virtuelle, mon premier réseau social. Nous avions des avatars, des pseudos, un chat par jeu sur lequel on pouvait rencontrer des joueurs avant d’entrer sur les serveurs disputer une partie (à dire vrai je parlais plus que je ne jouais…) et un chat privé sur lequel on pouvait parler avec nos « amis » (a contrario il existait aussi une black list). A cette époque, c’était draco_mania. Je ne sais plus si je me faisais déjà passer pour un garçon, ou si c’est venu plus tard.

Toujours est-il que sur les chats de GOA, on n’entendait parler que d’un truc, un truc en 3 lettres : T4C. The 4th Coming (L4P La 4ème Prophétie). On voyait ces mecs avec ces pseudos en MAITR_Pseudo. On leurs demandait d’où ils tenaient ces « titres », nous étions impressionnés. « C’est une guilde sur T4C ». T4C c’est le premier MMO(RP)G du monde. Un MMORPG (Massivement Multiplayer Online – Role Playing – Game) c’est, comme son nom l’indique, un jeu qui se joue en ligne et qui regroupe des milliers de personnes qui jouent sur un univers forcément virtuel qui évolue en temps réel, même si vous n’êtes pas connectés. Enfin quand je dis des milliers… A l’époque, les serveurs avaient une capacité max de 200 personnes, GOA en avait 6 puis 8, de mémoire, pour T4C. C’était entièrement gratuit. Les graphismes étaient moches au possible (telles les textures mer-papier-kraft-bleu-froissé) et les serveurs tellement blindés qu’on restait coincés sur la page de connexion à marteler la touche « Entrée » pendant de longues minutes avant de pouvoir jouer. Mais c’était bien foutu, y avait une vraie histoire, des events, beaucoup de respect entre les gens (avant que les kikoolol arrivent) et une vraie communauté. Et puis GOA s’est dit que quand même, ça leurs coûtait de l’argent mais surtout qu’ils pourraient en gagner beaucoup. Et ils ont développé DAoC (Dark Age of Camelot), et ils ont fermé les serveurs de T4C.

Mais ce n’est pas de ça dont je veux vous parler, non, à mon arrivée sur T4C, je pris le pseudo de Red_Crystal. Et tout le monde m’appelait Red, naturellement (à part une fille qui m’appelait Crystal, elle s’appelait Calinou ou un truc comme ça…la honte…mais c’était mignon). A cette époque, je me faisais passer pour un mec. Je parlais au masculin tellement facilement sur Internet. Je m’inventais un perso finalement peu éloigné de qui j’étais IRL (In Real Life). J’avais les mêmes caractéristiques, mais au masculin. J’habitais au même endroit, avais le même âge et faisais la même chose qu’en vrai. Quand il a fallu se présenter, je ne pris pas le prénom masculin que mes parents m’auraient donné si j’étais né garçon, mais FRed, prénom dérivé de mon moi masculin qui m’allait mieux.

A l’époque, ça m’allait comme ça. Dans la vie quotidienne, j’étais une petite fille garçon manqué. J’avais les cheveux longs, toujours attachés en queue de cheval (parfois en tresse) mais je faisais le caïd, je jouais au foot, je me bagarrais, et je m’habillais en jogging en coton, je me déguisais en Lara Croft et Charly Chaplin au carnaval. (C’est à ce moment du récit que le narrateur se rend compte qu’il mélange un peu la fin primaire et le collège. Mais pour moi c’est un peu la même époque.) Ca m’allait comme ça, et je pensais, je croyais, que ça pourrait durer comme ça longtemps (un peu comme dans Tomboy finalement)…tout en sachant très bien que à cause de ça, jamais je ne pourrai rencontrer IRL les personnes que je rencontrais sur GOA. Ces personnes que jamais je n’aurais cru devenir si proches un jour. Ces personnes à qui j’ai menti parce que ça me semblait être bien comme ça, que de toute façon je n’allai jamais les rencontrer et devenir vraiment amie avec eux, donc tout allait bien. En parallèle de cette « vie » que je menais sur Internet, je tombai amoureuse pour la première fois, d’un garçon, le caïd du collège évidemment, je n’étais plus amie avec que des mecs, je ne jouais pratiquement plus au foot et j’étais devenue moins agressive (il y a des bonnes choses !), je faisais aussi un effort vestimentaire et m’habillais de manière un peu moins masculine (et mieux de manière générale xD).

A cette époque j’avais 11 ans. Je rencontrai mon meilleur ami sur T4C, Kahlerian. On l’appelait Kahl.

C’est l’époque où je rencontrai Yoko. Elle s’appelait Yoko_62.

To be continued…

Et si c’était pas lui ? – Kabbalah Esperanto de Olivia Cattan

(« Et si c’était lui ? » titre du chapitre 7)

/!\ Pour rédiger cette chronique, j’ai dû m’enfiler une canette de Mirage Exotique © et une glace Double Chocolat Nabuchodonosor © et surtout me constituer une playlist hyper putassière sur Deemerde © (merci à LGabrielle et Neky pour m’avoir aidée dans cette entreprise) histoire de faire passer la pilule et d’être au niveau. Merci quand même à Yagg de m’avoir fait gagner ce bouquin. Au moins je l’aurais lu une fois. Je suppose/espère que les autres livres de Olivia Cattan sont mieux. /!\

Cette critique est la version 2.0, je n’étais pas satisfaite de la 1ère. J’espère qu’elle vous apportera un peu de dépaysement, je vous l’écris dans le train, toujours une excellente source d’inspiration pour moi. Asseyez-vous et laissez-vous bercer au son de l’excellent album de Hocus Pocus, Place 54 (à écouter à chaque Voyage en train, de préférence en mode aléatoire).

Je la soul

Je n’ai pas pu dépasser la page 166(6) du bouquin soit à peu près la moitié. En cause, je dirais que le plus lourd à supporter a été pour moi le romantisme dégoulinant de guimauve de ce bouquin. En guise de thriller ésotérique promis, on se retrouve avec un Arlequin.

Move on

Jusqu’au bout de la première partie (« Etincelle », oui bah moi je cherche encore une étincelle…), j’ai espéré qu’ENFIN on nous parle un peu de la Kabbale, des trucs un peu mystérieux et que l’auteure sorte un peu des sentiers battus. Après avoir lu 24 chapitres, je dirais qu’un seul m’a vraiment plu. Mais alors pour le coup vraiment ! Effectivement quand Olivia Cattan aborde l’histoire de la Kabbale et des petits villages de France, ce roman semble pris d’un souffle de renouveau, qui disparaît bien vite… Je croise les doigts très forts (pas les orteils, ils sont en éventails, on peut pas tout faire) en espérant que dans la suite du roman les mystères kabbalistiques soient plus présents. Ceux qui l’auront lu en entier pourront me le dire, au pire ce n’est que le premier tome d’une série. Je lui conseille d’accentuer plus le côté mystère, suspense, thriller et de laisser un peu tomber cette histoire d’amour d’une platitude extrême (oui Prof Lolo est comme ça, elle donne des conseils aux pros).

Vocab !

Je ne remercie pas non plus l’éditeur pour avoir laissé des adaptations de la langue française assez particulières telles que « mais il me manquait quelque chose, celui avec qui partageait ce rêve » p.100 et « tu es été folle » p. 107.
Certes, il y en a peu, mais elles sont énormes et il faut le souligner.

Petit pays : petite pause politique, rien à dire…

M. Tout Le Monde

Aussi, s’il était possible de creuser un peu plus la psychologie des personnages, ça ne ferait pas de mal. Entre le personnage principal, stéréotype de la desperate housewife et le jeune acteur Robert« Pattinson » Turlinghton, on n’échappe pas à tous les lieux communs possibles et imaginables quand il est question d’amour. On se retape le répertoire des chansons d’amour cucul françaises et internationales et franchement on n’y trouve pas que du bon. Sans compter la fameuse scène du balcon, comme s’il n’existait pas d’autre histoire d’amour iconique à laquelle se référer. Et encore je passe sur les mères des deux héros, monstres psychologiques, origines de toutes les névroses et bourreaux de nos deux héros.

Histoire d’une VHS : pause nostalgie, pensez à cette époque bénie à laquelle Marc Levy n’existait pas.

Normal

C’est ça, ce bouquin est « normal ». Préférez-lui un Dan Simmons Brown (« c’est ma meuf, j’la déglingue! »), que je n’ai pas lu, mais il paraît que c’est bien. Ou tiens,  un Et si c’était niais ? de Pascal Fioretto, pas lu non plus mais ça a l’air drôle (merci Wikipédia). Ou encore un des thrillers ésotériques (ou pas) de Loevenbruck tel que Le Testament des siècles, moins original (comprenez par là que c’est encore du Christianisme – HANCACASALEHOMOPHOBE – dont on parle) mais bien mieux foutu (à part la fin, à vrai dire…).

Smile

Je pense que les autres oeuvres de l’auteure Olivia Cattan doivent être plus intéressants, elle s’en sort bien mieux quand elle raconte des morceaux d’histoires ou fait de la politique que quand elle écrit des histoires à l’eau de rose.

Recyclé : ah bah non c’est même pas imprimé sur du papier recyclé.

Voyage immobile et Tournée

On m’a dit de faire court, donc je passe sur plein de citations M.E.R.Veilleuses mais si vous le souhaitez, je prête ce bouquin à qui veut en poursuivant la nouvelle tradition d’annotations dans la marge et entre les lignes, que j’ai faites pour m’aider à supporter salecture. Tiens j’ai oublié un espace, « salecture » finalement ça résume assez bien mes impressions.

Touriste : si l’auteure est féministe, moi je ne suis pas misogyne.

Confessions intimes au Kiabi

Parfois, les histoires sont juste tellement belles qu’un statut ne suffit pas.

/!\Si vous pensez que je vais mettre à jour cette nouvelle rubrique régulièrement, vous vous mettez le doigt dans l’oeil jusqu’à la clavicule inclusivement (Mme Galois, si vous passez par là, sachez que j’ai adoré vos cours d’Histoire-Géo)/!\

Spéciale dédicace à @lgabrielle et les autres fans de Confessions intimes : c’est presque trop beau pour être vrai, aujourd’hui, ma collègue (« Et pourtant je suis pas une tête *rire de cagole* ») m’a expliquée que :

« Ah ouais t’es sur FB? Ah non mais faut pas hein. Déjà est-ce que tu savais que c’était un truc de flic? Ya des gens ils se sont faits choper parce qu’ils avaient marqué qu’ils fumaient des joints ! Non et puis je vais te raconter ce qui m’a vraiment décidée à ne pas utiliser FB.

Mon mec était sur FB. Et tu vois à un moment ça allait plus trop bien entre nous. Et ben figure-toi que ce con, il s’est mis à draguer des meufs sur FB ! Et il me l’a même pas dit !! Alors que moi tu vois j’ai été franche, c’est vrai que ça a été brutal, mais au moins j’ai été franche. Bref un jour je suis allée voir ses mails msn, mais j’allais voir autre chose hein, rien à voir. Et j’ai vu tous ces mails qu’il avait envoyé sur FB. J’en ai lu qu’un, mais ça m’a suffit. Il disait à une meuf « Han nan mais toi t’es trop mignonne ! », ce à quoi la meuf à répondu « Euh oui mais euh, j’ai un mec tu vois… ». Et il a pas trouvé mieux que de répondre « Ah bah ça m’étonne pas une fille aussi mignonne que toi han ah han ahah ». Enfin bon tu vois le truc super original. Et bah j’ai lu que ce mail, mais je lui ai fait la misère.

Nous vous offrons une petite page de pub pour le plaisir des yeux...

J’ai envoyé plein de mails avec son compte, j’ai supprimé des gens, j’ai désactivé son compte, j’ai rajouté mes potes à moi pour qu’il le surveille, et je lui ai dit « Plus jamais tu y retournes !!! Sinon je recommence encore et encore jusqu’à ce que tu comprennes ! »  « Si tu y retournes, je le saurai, j’ai des potes à moi dans tes amis ! » « T’as p’tete oublié ton mot de passe, mais moi je m’en souviens ! ». Et puis alors j’te dis pas je lui ai donné des tatanes aussi ! Alors forcément il a répondu quoi tu vois, normal. Mais n’empêche maintenant il a compris hein. Dès qu’on croise une meuf dans la rue il regarde ailleurs, ses pieds… Et puis moi je l’agresse, je lui fais « Eh qu’est-ce que tu regardes là?!! » ça le fait trop flipper. Alors que je sais bien qu’il fait rien, qu’il mate pas tu vois. Mais moi ça m’éclate trop de l’agresser, de le faire flipper. Il est trop gentil tu vois, c’est un choupinou ce mec <3<3<3. »

PS : les paroles ont été rapportées aussi fidèlement que possible, je n’en ferai (dans l’article) aucun commentaire, de peur de dénaturer cette belle histoire. Dormez bien mes chers élèves 🙂

Eros/Psyché de Maria Llovet : Guide de lecture

Eros/PsychéOu comment apprécier la lecture de ce « roman graphique » en 3 points.

On a lu quelques critiques pas forcément très encourageantes à propos de ce shojo (manga pour filles) espagnol, publié chez Emmanuel Proust éditions, collection Atmosphères, ici et ici. Je vais donc me faire l’avocat du « diable » et vous expliquer en quelques règles à suivre comment passer un bon moment avec ce bouquin.

1-      Apprécier l’objet

Comme l’ont dit mes amies et collègues, le bouquin est tout simplement magnifique. C’est là qu’on voit qu’il s’agit d’un manga à l’européenne, le papier est de qualité, la couverture est cartonnée et imprimée en relief. Les manga sont quant à eux imprimés en noir et blanc sur du papier recyclé, il est destiné à être vendu pas cher (4€), consommé et jeté dans la foulé. Ca rigole pas au Japon !

2-      Le considérer comme un shojo à l’européenne

Si ce bouquin répond à la définition (Wikipédia) de roman graphique dans sa forme, j’aimerais le caractériser plus de manga à l’européenne. Pourquoi manga ? Le style graphique entre Manara (m’a-t-on signalée 2 fois) et le manga habituel, le noir et blanc, le style dépouillé, surtout dans les décors, le découpage original, presque cinématographique (encore que le découpage des manga pousse le concept bien plus loin), le peu de texte, de bulles, comme dans le shojo… mais de longs récits pour les histoires plus longues (comme celle de Eros et Psyché). Dans les thèmes abordés aussi on retrouve le shojo avec un récit initiatique (commun pour les shojo et les shonen, pour les garçons), un espace coupé du monde avec une unité de lieu, et un découlement du temps plutôt flou (il semblerait qu’il ne se soit passé qu’une année, mais comment être sûr ?), des histoires d’amitié et d’amour, les règles et l’autorité, la réussite personnelle et professionnelle, les études, la nature, l’importance de l’uniforme, l’absence d’adulte, l’opposition tradition/progrès et critique de la société (les fameuses pilules)…

Pourquoi à l’européenne ? Je ne reviendrai pas sur le format BD franco-belge. Mais clairement, à trop vouloir jouer avec les codes du manga, sans en être puisque pas Japonais (ou Coréen ou Chinois, parce que eux aussi font d’excellents « manga »), et bien on se retrouve légèrement en deça de ce qu’on attendrait d’un vrai manga. Les graphismes par exemple pêchent un peu, il est vrai qu’au début il est ardu de différencier les personnages. Et le découpage bénéficie parfois de grosses facilités attendues (la rose qui se flétrit, le fil qu’on renoue…bon, pas très original ça Madame !).

3-      Accepter de ne pas tout comprendre

Et bien oui, autant vous le dire tout de suite (mais à la limite quand on est habitué à lire des manga ou de la science-fiction, on le voit vite venir), non, tous les mystères de l’intrigue ne vous seront pas dévoilés. Mais POURQUOI ?? (dixit Philippe Manoeuvre quand il était au jury de la Nouvelle Star) Et bien parce que ce n’est pas important. L’important ce sont les relations entre les personnages, et le reste est dépouillé. Le graphisme des personnages est simple, ce n’est pas important non plus, parce qu’en fait ça pourrait être n’importe qui. On ne sait pas bien où se trouve le pensionnat, il pourrait être n’importe où. Qu’étudient les jeunes filles ? peu importe.

De plus, ce manga fait parti de ceux qui essaient de vous planter dans une ambiance poétique, floue, mystérieuse, hors du monde et du temps. Et bien c’est pas mal réussi ! Le lecteur peut être perdu, et c’est volontaire. Les élèves du pensionnat ne le sont-elles pas elles aussi de temps en temps ?

4-      Ne pas avoir vu Strawberry Panic !

D’après mon royal-chaton, on trouve de très très nombreuses ressemblances, vous auriez donc l’impression d’avoir déjà lu 50 fois ce roman (peut-être même en mieux…), et ce serait quand même dommage.

Volontairement je ne vous dévoilerai pas les réponses à certaines questions qu’on découvre à la fin. Mais je pense que certaines explications peuvent rester un peu vagues ou incompréhensibles, comme ce qu’on trouve derrière cette fameuse porte. Chacun y comprendra ce qu’il veut finalement.

Les amateurs et le bon public (dont fait parti votre serviteur), et à peu près tout le monde (un tant soit peu qu’on suive les règles dictées ci-dessus) apprécieront donc cette bande-dessinée et passeront un très bon moment à la lire. Je n’ai personnellement pas vu le temps passer à la lire, j’ai apprécié à leur juste valeur les graphismes, compris les ellipses et les ai acceptées, et ai même été un peu émue en lisant l’histoire des jeunes amantes (bon là je crois que je ne spoile rien de très évident).

Je pense donc que cette première publication est très très prometteuse et révèle un excellent potentiel. Reste à l’auteure à améliorer ses dessins et surtout à les personnaliser (oui, oui, Prof Lolo donne aussi des conseils aux pros). Au vu des premiers jets (merci @yccallmejulie), on reste sur la symbolique de la rose (c’est une obsession ou quoi ?), mais ça a l’air d’être beaucoup plus personnel et personnalisé. On reconnaît plus la patte de l’auteure.

Pour voir d’autres regards sur la BD c’est ici (et c’est aussi sur Yagg) et .

C koi le love ? by TeuFeuHoane

Instant détente des neurones et putasserie, vendredi 4 février, nous regardâmes comme à notre habitude une-émission-à-la-con by TF1 : C’est quoi l’amour ?

"Bonsoir, je m'appelle Carole Rousseau, je porte un tshirt Saturday Night Fever sous ma veste, c'est pour faire jeun's !"

Mais une fois n’est pas coutume, notre esprit communautaire (lol) et curieux a fait que nous écoutâmes d’une oreille un peu plus attentive que d’habitude cette émission dont le sujet s’intitulait : « Transsexuels : Quelle vie après un changement de sexe ? » (ah oui tiens, « transsexuel » ça prend 2 « s », je ne savais pas…).

TF1, transsexuel, cherchez l’erreur. Le téléspectateur lambda de cette chaine (on va arrêter de leur faire de la pub, hein), n’est même pas censé savoir que ça existe. Les vrais. Parce que bon, des LGBT on en a vu dans la téléréalité, mais dans téléréalité, y a quand même télé. Ca existe pas dans la vraie réalité de vrai de la vraie vie.

Donc, bref, après les documentaires pas si mauvais de Fr3 (Fr3, Fr3, Fr3, voilà, c’est bon, on les a cité plus que TF1, j’ai sauvé mon karma pour la journée) dans la série Déshabillez-nous, TeuFeuHoane a décidé de contrattaquer. Et bien nous n’avons pas été déçues du voyage.

Pour revoir l’émission en intégralité (pendant 2 semaines, ça dure 2h) : http://videos.tf1.fr/c-quoi-l-amour/transsexuels-quelle-vie-apres-un-changement-de-sexe-6258133.html#

Ca commence très fort avec un « Comment expliquer qu’après être né homme ou femme, certains ont l’impression d’appartenir à un autre sexe ? ». Je pense qu’un MtF (par exemple), ressent sans doute être née femme. Dans le corps d’un homme, certes, mais femme. Et puis depuis quand on appartient à un sexe ? Enfin bon, ne soyons pas trop tatillons, c’est pas si mal Carole, continue…

Nous n’avons vu que les 2 derniers témoignages, celui de Isabelle et une rediffusion d’une émission du 23 mai 2008 avec Claire.

C’est assez formidable qu’on parle de ce sujet sur une grande chaine du petit écran, mais ne rêvons pas, l’émission passait en 2ème voire 3ème partie de soirée, et les commentaires ou témoignages ne sont pas toujours très fins. On reste encore et toujours sur la définition des rôles homme/femme : la femme est censée faire le ménage et la cuisine, faut pas déconner quand même ! Les proches ont encore du mal à changer le pronom (il au lieu de elle…) et de prénom…  Joël, fils d’Isabelle, continue de l’appeler « papa » et Isabelle tient à rester son père, ainsi sa « transformation n’a pas eu d’effet négatif sur lui ». Ils continuent à faire des activités « entre hommes ». Ah oui, la vraie famille, le papa, la maman, et les gosses, sinon ça va pas… Bon je chipote un peu. Le gosse a l’air quand même vachement mature pour son âge et comprend bien tout ce qu’il se passe. C’est plutôt la meuf de TeuFeuHoane qui pige rien, quand le gosse parle de « murs » entre eux, c’est quand même assez clair, non ?

Le plus moche là-dedans, c’est Mireille, la femme d’Isabelle qui a accepté de rester avec elle dans une relation d’amitié profonde. Mireille refuse les contacts charnels en publique, pour pas choquer les gens. Des calins entre femmes dans la rue ?!! Un peu de pudeur enfin !!! Et puis elle avait peur que leur fils n’ait pas la bonne image d’un père. Ah bon…c’est quoi la bonne image d’un père ? Et puis bon, que dire du fait qu’elle veuille bien sortir avec elle dans la rue, parce que aujourd’hui Isabelle est belle, bien maquillée comme il faut, mais à condition qu’elle n’ouvre pas la bouche (Isabelle ayant la voix un peu grave) ? Non, mais à part ça, elle n’a pas honte…

Sinon j’aime beaucoup quand la psychologue de la chaine se plante dans les pronoms en disant « ils » à propos des 3 MtF présents sur le plateau… En voilà une qui connaît bien son métier… Quand elle ajoute qu’elles ont eu un rôle masculin, parce qu’il y a eut mariage, etc. Mariage = rôle masculin + rôle féminin ? Bon finalement je n’en veux plus ! (je rigole hein…)

Dans le dernier témoignage, celui de Claire, donc, on rappelle que le côté du lavabo qui est censé être le côté du mari, du mec, de l’homme, il ne devrait pas y avoir de maquillage. Et c’est là que ce produit le drame. LE Drame de l’émission. Femme des années 80 de Michel Sardou (1’38). MAIS OUIIII, ils l’ont fait !!! Ca c’est du grand, du beau, du très grand TeuFeuHoane. A ce moment-là Lionceau-d’argent a vomis trois fois dans sa bouche, son chat s’est jeté par la fenêtre, et moi je n’ai survécu que pour pouvoir raconter aux générations futures ce que l’Histoire ne doit jamais oublier. Aaaah et la gène. Ca gène la femme et la fille de Claire de la voir habillée en jupe. Elles préfèrent le pantalon. Elles ont un peu honte. Aaaah on repart sur les rôles selon TeuhFeuHoane : être une femme, même des années 2010 apparemment, ce n’est pas qu’une question d’apparence, dans les taches ménagères aussi il faut donner de soi. Alors que bon, l’homme n’a pas l’habitude hein, de mettre la table… Les bons côtés des hommes, mettre les pieds sous la table, se sentir femme en faisant les courses… Des côtés pratiques, masculins, comme réparer la bagnole, et des féminins comme faire la cuisine…

Ne soyons pas trop critiques avec cette émission. Certes quelques instruments semblent mal accordés, mais dans l’ensemble, on sent beaucoup d’amour, de tolérance, de respect et d’acceptation. De nombreuses réflexions pas très malines relèvent de l’humour, qu’on sent très présents au sein des couples. On regrettera qu’aucun FtM n’ait témoigné…

Jetez un œil aussi dans les commentaires. Ils ont été modérés, mais la plupart des commentaires malvenus ont reçus des réponses franches et nettes. Et une grande majorité sont des messages de soutien. On y trouve aussi d’autres témoignages. Et des réponses de personnes qui sont passées dans l’émission, comme Carole (non, pas la présentatrice cette fois :D). On retrouve aussi Jacqueline, qu’on avait pu voir dans le docu de Thierry Demaizière sur Fr3. Son épouse l’a acceptée et est restée avec elle.

Bonne continuation à toutes ces personnes !

PS : cet article aurait pu s’intituler « Quand TeuFeuHoane devient gay-friendly, ou comment conquérir le public gay ? »