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A mes chevaliers blancs

Vendredi, déchaînement des anti-mariage. Comme @GoldenM, tractage, stickage et affichage massif dans ma fac, mais aussi dans « mes villes », Versailles et Saint-Quentin.
Mais cette fois-ci, j’ai aussi vu mes amis associatifs et syndicalistes (faut-il que je précise le syndicat étudiant en question?) se mobiliser encore plus massivement contre eux. Ils ont sillonné Saint-Quentin, en quelques heures, il ne restait plus de sticker, ni d’affiche.
Quant au tractage, ils ont tout simplement trollé les haineux, les empêchant de distribuer leurs déchets. Ils se sont également fait passer pour des alliés, venus distribuer eux-aussi des flyers. Puis, ils les balançaient ostensiblement à la poubelle, en les traitant d’homophobes et de fachos.
Enfin, un mec est sorti de la BU, furax. Il est allé s’acheter une canette de coca, pour la déverser sur la tête, les vêtements et les tracts de la chefthaine des tracteurs qui tenait le piquet devant la BU, avec pancarte, que mes potes ont pétée.

Cet article, je l’écris un peu pour témoigner, pour redonner un peu d’espoir à mes amis blessés. Je l’écris aussi pour remercier mes amis et collègues associatifs, ainsi que les étudiants engagés politiquement pour une société meilleure, plus égalitaire. Enfin je l’écris pour leur rendre un maigre hommage. Je n’ai pas forcément le temps de faire pareil qu’eux, mais surtout, je n’ai pas le courage, le culot pour le faire. La résistance civile, c’est quelque chose que j’apprends, peu à peu. J’ai commencé à me forger une conscience, j’ai beaucoup appris, maintenant je pense agir.

Un jour, je serai comme eux, et elle : http://dariamarx.com/2013/03/21/contre-la-loi-taubira/

Réponse à M. Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France

Le contexte

Alors que je partageais sur Facebook le lien vers l’article de Yagg sur le livre du mariagepourtous.info qui répond aux arguments des opposants à celui-ci, une connaissance de primaire-collège vint commenter en postant à son tour un lien vers un article du Grand Rabbin de France, M. Gilles Bernheim, sobrement intitulé « Mariage homosexuel [sic], homoparentalité et adoption : Ce que l’on oublie souvent de dire. » Heureusement qu’il est là donc. Ce vieil ami me précise alors qu’il est désolé de ne pas formuler une réponse lui-même, mais qu' »[il] ne [saurait] mieux dire » [sic].

Vous me connaissez, depuis quelques mois, je suis extrêmement fatiguée et touchée par ces polémiques et « débats » stériles, avec des « arguments » qui n’en sont pas, ou sont tout du moins faibles et ne tiennent pas debout. A dire vrai, je fuis toute discussion où je risque de me prendre la tête. Ca tombe bien, mes proches sont pour la plupart très compréhensifs. J’ai dû cependant sortir en vitesse du cours d’Anglais où la prof qui est un peu con-con avait eu la bonne idée d’aborder ce thème là pour une discussion en classe. Figurez-vous qu’elle n’était même pas contre le mariage, mais contre l’adoption, et – d’où le « con-con » – même pas pour des raisons que j’aurais pu considérer comme discutables genre « l’intérêt supérieur de l’enfant » et autres conneries, mais, pire, pour des raisons relevant de la psychologie de comptoir. Au moment où elle a sorti « Mais vous vous rendez compte, deux hommes avec une petite fille, et le lien biologique avec la mère?! », et puis « ils ne sauraient pas comment faire ! », je me suis dit que c’en était assez, je suis partie du cours, sans rien prendre sur moi autre que mon smartphone, en sautant par dessus les tables parce que j’étais coincée entre le mur et ma voisine, et en disant que je n’en pouvais plus, que je ne le supportais plus, et que je revenais dans 10 min, le temps de les laisser finir.

Ce n’était même pas de la colère ou de la tristesse, mais plutôt une espère de claustrophobie, j’étouffais, j’étais oppressée. Je voulais qu’on arrête de me parler de ça. De donner des avis sur moi, mon couple, et ma capacité à fonder une famille ou à élever un mioche. Si au moins c’était des arguments intelligents. Mais non, ce sont pour la plupart des conneries sexistes et hétérocentrées/normées.

Alors qu’a-t-il pu me pousser, cette fois-ci, à sortir de mon retranchement entre-les-miens, à cette isolation communautaire, dans laquelle j’étais à peu près bien? Je ne discutais plus de ces sujets, qu’avec des gens plus ou moins d’accord avec moi, et qui acceptaient que j’en parle. Certes, de temps en temps, on me ramenait sur Terre, parfois un peu brutalement (merci Twitter).

Et bien mon « pote » m’a dit que c’était « honnête intellectuellement ». Comme c’est assez long, je vous laisse lire l’introduction, et vous faire une idée de l’honnêteté intellectuelle dont il s’agit là (ahah).

Au début, j’ai voulu faire ça bien, en honneur à notre amical passé, au fait que je le considérrrrrais comme intelligent (je ne sais pas si c’est toujours le cas…), et au fait que ça semblait discutable et qu’il semblait lui-même ouvert à la discussion. J’ai donc passé un temps infini à lire et écrire sur des pages Word ce que j’en pensais, en essayant de ne pas trop être ironique ou affectif, d’être structurée (la STRUCTUUURRRRR ! hem, pardon, la fatigue) et d’argumenter. Finalement, comme je lui dis plus tard, ça commençait à être vraiment trop douloureux mentalement, trop long pour mon temps libre, et trop énervant (que voulez-vous répondre à des arguments *vides*?!). Donc j’ai arrêté de lire à la moitié, j’ai lu en diagonal la fin et j’ai donné sur FB, en message privé où nous avions poursuivi la conversation, une réponse un peu plus courte, donc évidemment moins argumentée que ce que je voulais faire initialement. Mais ma réponse me contente, et je crois, pour mon bien-être, que c’est le principal.

Ma réponse, copiée-collée telle quelle (les fautes en moins)

Bon j’en suis à la moitié. Ecoute, ça me fait beaucoup de mal, ça me prend beaucoup de temps, parce que j’essaie de te répondre en lisant, et de le faire bien, de manière sérieuse et tout. Mais ça me fait vraiment beaucoup de mal. Je ne suis pas d’accord avec toi (allons, ce n’est pas grave, nous ne sommes pas si proches et ce n’est ni une perte pour toi, ni pour moi, j’ai la chance d’avoir des proches qui sont plus compréhensifs). J’accepte de te perdre de vue, si c’est en ces choses-là que tu crois, et je pense que c’est réciproque. Je t’explique pourquoi j’arrête de lire ci-après.

Ce n’est qu’un ramassis de fantasmes (des mots qui se substitueraient à d’autres, des complots, des lobbys qui cherchent à faire entrer je ne sais quoi dans les moeurs de notre beau pays), de fausses vérités assénées (la généalogie n’est pas naturelle ni biologique, elle est sociale et culturelle et la société change, nulle démonstration anthropologiquement correcte là-dedans, et je ne parle même pas de la psychologie de comptoir).

Ce monsieur, sous couvert d’être aimable, m’insulte et insulte mon « couple » comme il dit si bien, ainsi que ma « famille » si d’aventure je souhaitais en créer une, sans parler de tous mes amis qui selon lui ne seraient pas vraiment « parents » et leurs enfant qui ne seraient pas bien structurés, les pauvres chéri-choux.

Je suis vraiment désolée de ne pas avoir tenue jusqu’au bout, j’ai essayé pourtant. Mais manifestement ce monsieur croit en des choses dur comme fer. Oui, la femme et l’homme sont manifestement sexuellement différents, ils seraient stupide de dire le contraire. Oui, biologiquement, il faut un homme et une femme pour se reproduire (je dirais plutôt un gamète mâle et un gamète femelle), et en ça je veux bien qu’on parle de complémentarité (sans oublier qu’il n’y a pas d’autre solution qu’une femme pour porter le fétus). Mais je me sens moi-même toute seule très complète, merci, et mon « couple » (ahah) n’a nul besoin d’homme pour être complet, merci aussi.

Contrairement à ce qu’on nous assène, notre désir (ou pas) d’enfant n’est pas plus égoïste que celui des couples de personnes de sexes différents. Nous ne souhaitons pas un enfant. Nous souhaitons élever un gamin pour qu’il soit le mieux possible.

La généalogie, la filiation, créations purement sociales et qui changent selon les sociétés auxquelles on s’intéresse et les époques, la structuration, etc. ce n’est pas compliqué pour l’enfant, il s’adapte, comme il s’adapte à des familles monoparentales, recomposées, adopté ou pas (je rappelle, contrairement à ce que dit ce monsieur, qu’on peut adopter en étant célibataire, elle est où sa complémentarité à deux balles, et le besoin de l’enfant de se réconcilier avec la femme-mère qui l’abandonne et autres conneries?). Du moment qu’on l’aime et qu’on lui explique d’où il vient, pas de quoi le déboussoler.

J’ai lu vite fait en diagonale jusqu’à la fin. Ce qui l’horripile, et je veux bien en discuter avec toi, c’est la remise en question de la différentiation des genres. Pour t’expliquer en 3 mots les études du genre (qu’on appelle « gender studies » en anglais, pour faire peur, ça vient des USA alors c’est mâââl, ça inquiète les gentils Français) – bien que je ne sois pas spécialiste : il y a le sexe anatomique (homme et femme, et tout un éventail entre eux, dont intersexué, moi je suis une femme), le genre (qui est ce à quoi s’identifie la personne, encore une fois homme, femme ou entre les deux, je m’identifie plutôt femme), les deux peuvent être différents, on parle, il me semble, de dissonance, ce qu’on appelle être transexuel (on est transgenre, plus large, lorsque le genre auquel on s’identifie est différent de celui qui nous a été assigné à la naissance, en général son sexe), et enfin, l’expression de genre (masculin et féminin, entre les deux on peut parler d’androgynie par exemple, moi je suis plutôt androgyne physiquement, avec une attitude plutôt masculine). Cela n’a, et j’insiste, absolument aucun rapport avec l’orientation sexuelle. A part qu’un trans, lorsqu’il change de genre ou de sexe peut effectivement ne pas appeler pareil son orientation sexuelle (logique) et passer par exemple d’hétéro à gay. Ce sont des études scientifiques et non pas une « théorie » qu’on aurait sortie du chapeau.

Dans les recherches qui sont faites, on regarde ce qui est inné et ce qui est acquis, ce qui est naturel et biologique, et ce qui est social et culturel. On ne remet pas en cause, comme tu peux le voir, le fait qu’il y a des différences objectives entre les hommes et les femmes. Par ailleurs, si on niait la différence entre les sexes, pourquoi ne serions-nous pas tous bisexuels?!

Petite précision sur le terme « queer » qui veut effectivement dire « bizarre » en anglais. Il s’agit d’une réappropriation d’une insulte, de notre part, afin qu’elle perde de son caractère insultant. De même, entre-nous, il arrive fréquemment qu’on s’appelle « pédé » ou « gouine ». Venant d’une personne que je ne connais pas, je le prendrais mal, mais de mes amis « queer », justement, c’est positif.

Ah oui, que je n’oublie pas de répondre sur le mariage comme institution et la protection juridique. La symbolique du mariage, nous ne voulons pas la supprimer, c’est justement pour cela que nous – moi en tout cas – nous battons pour pouvoir nous marier. Et non pas seulement nous unir ou nous pacser. Oui, la législation et les décisions juridiques vont de plus en plus vers les nouvelles formes de familles, mais c’est très lent, et pendant ce temps de nombreuses familles (certes, pas majoritaires, mais je ne vois aucune raison d’être laissés pour compte, pas plus que les Noirs qui étaient eux-aussi minoritaires) sont dans l’incapacité de donner un cadre juridique qui les protège. Certes, des juges autorisent parfois la délégation de l’autorité, mais c’est au bon vouloir du juge, on a beau dire, la justice n’est pas *si* objective que cela, surtout en absence de législation, tu en conviendras…
Une petite infographie sur le genre et la sexualité : http://dwam.tumblr.com/post/39467430176/odeurdesaintete-by-asexual-not-a-sexual-a
Si tu veux d’autres liens, je peux t’en trouver. Mais clairement, si tu es très accroché au concept de différentiation et complémentarité des sexes, ça va être dur de discuter
Bonne nuit !

PS rien que pour vous

Encore une fois je ne suis pas spécialiste, cette réponse est loin d’être complète et parfaite, et il peut y avoir des erreurs sur des sujets que je suis loin de maitriser (transidentitié, études du genre, juridique…), malgré ma lecture assidue de Yagg et des blogs.

Je souhaitais rajouter un lien vers un article de blog de Mme Duru-Bellat, sociologue, que j’ai lu aujourd’hui et qui parlait très bien des études du genre, mais le lien est inaccessible pour le moment. Il aurait apporté des précisions à mes maigres connaissances sur le sujet.

Si je partage cette réponse avec vous, c’est pour compatir la douleur que l’article du Rabbin m’a procurée, et pour que ça serve, un peu. Pour aussi témoigner de ce nouvel affront qui nous est fait, pour que nous n’oublions pas que parmi nos malfaiteurs, il y avait aussi M. Gilles Bernheim.

J’aimerais aussi vous remercier, juste parce que vous m’informez, vous me faites rire, vous existez, vous vous battez pour moi et parfois à mes côtés quand je vous rejoins. Merci les amis !

Et maintenant au lit, bonne nuit !

Ca me rase.

Une fois de plus, Prof Lolo se coupe les cheveux en quatre et vous explique pourquoi se raser les cheveux, comment et surtout quoi faire pour l’assumer. Je m’adresse essentiellement aux filles, en général pour un garçon c’est plus habituel, l’article est donc au féminin, même si les garçons peuvent être intéressés aussi par certaines parties.

Pour quelles raisons vouloir perdre ses cheveux?

Bien que légitime, c’est une question stupide, il y a plein de bonnes raisons de se raser la tête, en voici quelques unes :

– Avec le dérèglement climatique, nous n’avons plus, en France, d’été conventionnel. Oubliez les deux mois de chaleur ponctués de quelques orages réguliers et des habituels incendies dans le sud. Il fait moche, frais, gris, et puis quand, pour deux petites semaines, il se décide enfin à faire beau, c’est une canicule. Adopter une coupe aérée vous permettra de sortir en gardant la tête froide.

– C’est à la mode ! Même si certaines célébrités l’affichent depuis quelques années déjà, ou que c’est une coupe appréciée depuis bien longtemps dans le Marais, ce n’est que depuis que Rihanna, à la suite de P!nk (dites-moi si je dis des baytises) a osé l’arborer que d’autres chanteuses ont suivi, avec une plus ou moins grande réussite (on y reviendra)…

Ahahah, tous ces gens qui me copient !

– Célébrez un nouveau départ dans votre vie. Dans de nombreux récits initiatiques, il est courant que le jeune qui devient adulte se coupe les cheveux ou se rase. Je pense notamment à cette scène de Princesse Mononoke qui m’a marquée, lorsque le Prince Ashitaka coupe son chignon quand il part de son village. Je n’ai pas vraiment d’explication, est-ce symbolique, est-ce pour partir la tête plus légère, est-ce une manière de laisser une part de soi, ses problèmes, une tranche de son passé en arrière, pour avancer vers l’avant? Est-ce pour avoir un meilleur aérodynamisme pour avancer plus vite?

Before…
… After. Bon en fait on sait bien qu’il a fait ça pour draguer.

– Tout comme la précédente raison, c’est une manière à peu de frais et d’investissement de vivre sa rébellion rebelle ou de se faire remarquer. Devenir ce que nous sommes (Nietzsche, merci du peu), faire sa rebelle ou se faire remarquer peut aussi passer par un tatouage ou un piercing. Mais le caractère définitif peut en rebuter certaines alors que les cheveux, ça repousse !

– « Because I’m hot like that, bitch ! » (certainement ce que P!nk a dit juste après s’être rasée les cheveux)

– La meilleure et première raison c’est quand même de se faire plaisir, et de le faire si l’on a envie, tout simplement !

Comment se raser?

Je vais vous la faire courte (ah-ah), on peut tenter la tondeuse/rasoir et le faire toute seule, ou bien si vous êtes une fétichiste des cheveux, aller chez le coiffeur-mon-Dieu-mon-idole-l-homme-de-ma-vie. On peut tenter la boule à Z, ou juste tondre les côtés et la nuque, coupe qu’on voit plus souvent.

Un petit conseil toutefois, et je remercie @cat pour l’idée : si vous le faites toute seule, n’oubliez pas de vérifier la hauteur du sabot de la tondeuse…(on sent le vécu !)

Comment assumer sa nouvelle coupe?

Il faut s’assurer de certaines choses, et pour cela, je vais continuer en questions/réponses plus précises.

Ok, je me suis rasée/tondue la tête, maintenant, comment éviter de passer pour…?

On évitera de rabattre ses cheveux en arrière avec du gel, pour éviter de ressembler à ça :

Pour me sentir moins affreuse de mettre Hitler sur mon blog, j’ai décidé d’en mettre une caricature gay parce que c’est Trop Drôle, voila, ça me fait triper. Pardon hein.

On évitera aussi de porter des vêtements noirs ou marrons et surtout kakis…

L’autre chose à éviter, c’est la choucroute sur la tête, et, Miley Cyrus, tu sais comme je t’admire, mais là, Vraiment, fallait pas.

Ce qui est formidable, c’est que d’où que l’on la regarde, c’est Moche.

Pour se faire, si vous avez gardé les cheveux trop longs pour vous faire une crête à la P!nk et bien ne les ramenez pas tous en touffe sur le dessus. Si vous voulez vraiment montrer au monde comment vous êtes trop rebelle/in/belle, dégagez un côté de votre crâne, ça suffira.

Pour éviter de ressembler à un wesh-rebelle-des-cités-tavu, ne vous sentez pas obligées de faire des petits dessins sur la partie rasée.

wesh wesh tavu?!

Le pire étant de vouloir être trop rebelle, anticonformiste, genre « moi je fais jamais les choses comme tout le monde, je ne me rase pas les côtés mais le dessus ! ». Ce conseil s’applique aussi avec les dessins et signes : en creux, c’est mieux !

Britney : « Oops, I did it wrong ! »

Pour éviter de ressembler à un punk-à-chien, il vous suffira de prendre une douche régulièrement et d’adopter un caniche.

 Si comme moi vous êtes encore chez papa-maman, comment faire passer la pilule?

En faisant de l’humour (mais si, avec certains parents ça passe), exemple de blagues testées et approuvées (?) :
« Ohla tavu le vent dehors? Une bourrasque et FROUT ! (c) plus de cheveux ! »
« Avec cette allergie, j’ai éternué un peu trop fort et voila ! »
« Ouais, en fait j’t’ai pas dit, j’ai pris ma carte de membre au FN. »

En relativisant, en montrant que noooon, pas du touuuut, ce n’est pas un coup de tête, et que vous savez que vous faites :
« Non mais ça repouuuusseuuuh ! »
« Mais siiii, d’ici la rentrée dans une semaine, ça se verra même plus ! »
« D’ici les partiels, les profs auront oublié… »
« Mais nooon, je fais pas ça pour me faire remarquer, j’avais juste envie… »
« Bon, de toute façon, hein, je vais pas faire ça tous les mois hein ah-ah. Pas du tout. D’ailleurs je sais bien que ça me va pas du tout. »
« Quitte à essayer, mieux vaut que ce soit maintenant et pas quand je vais chercher un stage/un boulot. / C’est pas à 30 ans que je pourrai le faire hein ! / Si je le fais pas, je vais peut-être le regretter TOUTE MA VIE ! »

Pour finir, le pire du pire que j’ai trouvé en écrivant cet article, c’est ceci :

Bonjour, j’ai 14 ans et demi, je fais à moitié emo, à moitié amatrice de dubstep, à moitié wesh, à moitié pouf (le duckface.) et je ne sais pas compter.

Pour finir, je m’étonne que certaines personnes en fassent un drame (à commencer par moi). Qu’est-ce que ça peut faire aux gens qu’on se rase/tonde la tête? I mean, ça repousse, ça peut être plus ou moins joli, mais pas de quoi fouetter un chat ! On dirait, parfois, qu’on tente de renverser l’ordre mondial en se rasant la tête. C’est comme les modifications corporelles quoi. En quoi ça concerne les gens? Pourquoi se permettent-ils de juger ce qu’on fait de nos corps? Trouver ça plus ou moins joli, aimer plus ou moins, ok. Mais juger?! Dire que c’est n’importe quoi ou que ce n’est pas correct?
Hey les gens, c’est une *coupe de cheveux* quoi !

PS : comme d’habitude cet article contient beaucoup de déconne, certes, je trouve certaines coupes plus moches que d’autres, mais au final, rasez-vous comme vous voulez 🙂

L’été BD LGBT 2 – Le bleu de Julie Maroh

On ne présente plus Le bleu est une couleur chaude. Après un succès d’estime relayé par les sites et blogs LGBT, dont Yagg et son partenaire l’Association LGBT BD, et sa publication aux éditions Glénat, le Festival International de BD d’Angoulême et l’attribution du Prix du Public Fneuk-SNCF a achevé de consacrer la première BD de Julie Maroh comme la meilleure la seule et unique BD pas comique LGBT à se faire connaître du grand public et pas seulement de la communauté (enfin dans mon Panthéon personnel en tout cas).

Les origines

Julie Maroh, comme pas mal de BD ces derniers temps, c’est tout d’abord un blog : Les coeurs exacerbés. Mais contrairement à de nombreuses BD à ressort comique, point de strip humoristique quotidien et à chaque page. Ici, il y a un peu de tout, des notes persos, intimes, d’actu bédéistique, d’illus, des extraits, des histoires courtes, des réflexions. Donc, non, vous ne retrouverez pas l’intégrale du Bleu gratos sur son site.

Ici, on parle d’amour. Pourquoi, comment tombe-t-on amoureux, quels sont les difficultés que l’on rencontre, à quel point souffre-t-on quand c’est fini, et de nombreuses autres questions y cherchent des réponses sans pour autant les trouver.

Pourquoi tu pleures?

Le dessin est très beau (à l’image de la couverture, je veux dire, ça se pose-là quoi !), les couleurs à l’aquarelle touchantes et l’écriture ancrée dans le réel, hésitante mais servant parfaitement l’histoire. L’histoire justement, sera tragique. On le sait dès le départ. La première page en BD est un peu l’équivalent de la première phrase d’un roman. Elle doit accrocher, toucher, poser ce qui va suivre. Présenter les éléments clés du récit. Ici, l’élément clé du récit, c’est Emma. Même si, comme on le découvre quelques pages plus loin, c’est Clémentine qui raconte l’histoire. Mais Emma n’est-elle pas au centre du récit de Clém?

A travers les yeux de Clém, on découvre les premiers émois d’une adolescente. Premiers émois envers une personne de même sexe. A partir de là, elle sera confrontée plus ou moins à tous les obstacles que chacun d’entre-nous (oui, « chacun », parce que je crois que cet ouvrage s’adresse au mec, à la fille, à l’hétéro comme à l’homo, à nous comme à notre famille et à nos amis) aura eu à affronter un jour. L’amour, l’amitié, les discriminations, la mort d’un proche, l’avenir. Ne passez pas à côté !

BD grand format, « new style » à la couverture souple, genre « roman graphique » (pfff !), c’est un bel objet de 156 pages couleurs ou noir & blanc & bleu selon les séquences du récit. On la trouve partout, pour indication à la Fneuk à 14€99 (euh ouais euh 15€ quoi), « coup de coeur des vendeurs ». Ca me fait plaisir de voir les votes et avis des internautes très positifs (5 étoiles Messieurs, Dames !) et des achats complémentaires de qualité et pas seulement LGBT (même si on retrouve naturellement La P’tite Blan), puisque les acheteurs ont également acheté du Chabouté (c’est excellent si vous ne connaissez pas).

« Mieux vaut un mort sur les bras, qu’un travlo sous ses draps. »

Si vous aussi cette phrase vous choque, et je l’espère, vous irez tous fièrement armés de votre compte Facebook sur la page suivante :

« Les mecs c’est tous les mêmes » – Bah, fallait pas tous les essayer.

Si la page m’a bien fait rire à l’origine, leur dernière publication qui se trouve être la phrase que je ne répèterai pas, m’a vraiment révoltée. Alors hop, on rapporte l’abus et on fait tourner !

A l’heure où je publie l’article, nous en sommes à une centaine de personnes qui aiment cette citation d’un humour plus que douteux et sur les 9 commentaires, un seul semble relever le caractère irrespectueux et stupide de celle-ci. Le reste des commentaires relèvent de la mentalité d’un ado débile de 14 ans et demi en pleine crise d’acné.

Et comme on dit, lâchez vos coms si vous voulez ! Ca leur fera pas de mal. Perso je ne vais pas perdre plus de temps avec eux et retirer cette page de mes citations-drôles-et-débiles-que-j’aime-sur-FB.

D’ailleurs après lecture en diagonale du mur, ils ont de la chance que je ne sois pas tombée sur d’autres publications plus tôt : ils n’en sont manifestement pas à leurs premiers faits d’arme, la plupart du temps misogynes…


PS : Ok, c’est de l’anglais pirate, mais tout le monde comprend, non?

Pas de discrimination !

L’actualité du week-end m’inspire, pour une fois, une petite illustration réalisée avec Picture it! (dans le genre fond de logiciels qui trainent sur mon pc…). Je suis loin d’être graphiste, mais j’aime bien 😀

/!\ J’ai pas le temps d’ouvrir un blog-bd-montages (même si c’est pas l’envie qui m’en manque) /!\

La lesbienne invisible, plus si invisible…

La lesbienne invisible

Après avoir fait des grandes salles et parcouru la France, Océanerosemarie revient au pays des schtroumpfs. Après avoir vu autant de monde, et tant de paysages, s’être fait affichée sur les murs des métros parisiens et sur internet, chroniquée sur toutes les radios « in », elle n’est plus si invisible que ça ! Alors pour ne pas faire mentir le titre de son spectacle, elle a décidé de se réfugier au fin fond d’une cave du Théâtre du gymnase. Et comme cela ne suffisait pas, son spectacle n’est pas du tout affiché à l’entrée, ce qui n’empêche pas la petite salle d’être remplie de…de quoi d’ailleurs ?

N’allons pas raconter des bobards, la majorité de la salle était lesbienne. Mais on y a vu des hommes, aussi, et des couples hétéros. Le pari de sortir de la cave, pardon, de la niche lesbienne-bi a donc eu un petit succès.

C’est vrai qu’on parle pas mal des hétéros finalement dans ce spectacle, un petit peu des bi, des gens finalement, qu’on rencontre au grès des anecdotes glanées au cours de la soirée. Des petites tranches de vraie vie lesbienne. Peut-être n’insiste-elle pas assez sur ce phénomène de lesbienne invisible, peut-être y a t-il des thèmes qui mériteraient d’être abordés, et des sketchs dont on aurait pu se passer ou qui pourraient être moins longs, mais dans l’ensemble on s’y retrouve quand même pas mal. Ca manque quand même un peu d’un fil conducteur, on sent plus ou moins que c’est chronologiquement l’évolution de la lesbienne invisible, mais ça manque un peu de rythme. Après un début hilarant, on a dû attendre la fin du premier tiers (ou du second quart, ou de la première moitié selon les spectatrices, que voulez-vous, nous étions 4, que des filles, faut pas trop nous en demander en calcul :D) qui était un peu drôle-mais-pas-trop pour repartir sur des sketchs bien plus marrants. On regrette aussi que pour une salle aussi petite, les interactions avec le public n’ait pas été plus nombreuses et plus fortes. MàJ du 12 mars : j’ai oublié de dire que c’était la représentation du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, on aurait aimé de l’interaction et de la réactivité par rapport à cette actualité.

Ni voyez pas le verre à moitié vide, mais plutôt le verre aux trois-quarts plein (je viens de perdre la totalité de mon lectorat féminin…c’est à dire 3 personnes). On s’y retrouve quand même bien, j’ai bien aimé ses chansons aussi. Mais surtout on a passé une excellente soirée, on s’est bien marrées, pas discrètes du tout ! (déjà on est arrivées presque en retard… la prochaine fois on se ramène en bleu ciel avec des badges Yagg pour vous faire de la pub) Placées tout au fond, on aurait dit qu’on était les chauffeuses de la salle (pas dans ce sens-là bande de cochonnes !). Entre Nadine* qui pleurait de rire pendant la parodie de Mylène Farmer (farmer, fermière, mmh private joke 😉 ), L1* et L2* se sentant moins seules pendant le sketch sur « Marie et Marie » et Carine, et bien Carine* se trémoussant sur son siège en gloussant on ne sait pas trop pourquoi…

Bref, si vous avez des thunes (ou des places gracieusement offertes par Yagg-je-t’aime-merci-encore) – parce que hein 20€, ça fait quand même mal, et je ne sais pas si ça les vaut quand même… – allez-y en bande de gouines (et/ou hétéros et/ou avec vos pédés à gouines), vous passerez un bon moment !

Pour les billets, c’est par ici.

*les prénoms ont été modifiés pour laisser aux spectatrices le peu de dignité qui leurs reste.

PS : Merci à ma relectrice @lgabrielle

Camionneuses, Camionneurs, …

Camionneuses, Camionneurs, …

…, Fems et Folles,

Camarades, je sais votre déception. Dans mon précédent et premier requiem, j’ai omis de parler de vous. J’ai parlé de vos collègues discriminés dans notre communauté, les bis, et les trans. Mais de vous, point de mention. Je viens vers vous  tout en humilité et en repentance.

Certains disent que la butchitude n'a rien à voir avec le fait d'être lesbienne alors hop, je fais plaisir à @Caro 😀
Moïra (The L Word) avant sa transition se considérait comme butch

Oui je me repends, toute dans ma vindicative intention de rétablir l’égalité des lettres, j’ai oublié, oui, camarades, j’ai oublié que derrière les lettres, il y a une diversité de personnes et de situations. J’ai oublié que L et G ce n’était pas que Lesbiennes et Gays, mais aussi fem, butchs, lipstick, camionneuse, bucheronne, motarde, dyke, goudou, saphiste, gouine, bear, minet, crevette, folle, diva, pédé, euh, bon d’accord, je vous avoue que l’étendu de mon vocabulaire en « gay » est moins étendu que mon vocabulaire de gouine.

Pareil, officialement, il n'est pas gay, mais ça n'empêche pas d'avoir une attitude "efféminée". Y a des rumeurs sur son homosexualité à lui ou pas? Parce que entre Edward-Pattinson et sa copine...
La folle du désert ^^

Bref. Il y a une infinité de nous dans LGBT. De même qu’il existe une différence entre chaque lettre, il existe une différence entre chaque personne. Mais cela fait-il de ces êtres différents des êtres inférieurs ? Qui n’auraient pas les mêmes droits, la même voix au chapitre ?

Jusque là, tout va bien, ou presque, mais cette situation a eu une conséquence que nous pourrions juger comme étonnante. Certains homos (et/ou bis), victimes de cette homophobie, en sont venus à prendre en aversion cette sale engeance dont nous ne savons que faire, dans quelle boite ou petite case la mettre, quelle étiquette lui accoler. Mais quelle image ces effrontés donnent-ils aux hétéros ? Ils devraient avoir honte. Ils ne rentrent pas dans une autre représentation fantasmée de l’hétéro : le gentil gay. L’ami pédé. La lesbienne discrète. Image fantasmée qui là, pour le coup, n’échappe pas au gay honteux d’être gay et homophobe puisque rejetant lui-même une partie des gays (CQFD). Sois belle et tais-toi.

Décidemment, il y a beaucoup de cadeaux pour @Caro, j'espère qu'elle saura s'en souvenir 😀
Le couple fem-butch le plus célèbre : Ellen Degeneres et Portia de Rossi (enfin ça c'est son nom de jeune fille, parce qu'elle a pris le nom de sa femme après leur mariage)

Sans parler des homos (L-G) qui sont eux-mêmes choqués par tant de culot(te). Un mec efféminé, mais où va-t-on ?!

Quant à la fem, bien que moins rejetée que sa compagne stéréotypée la butch, elle n’est pas assez rebelle, elle se cache, elle n’ose pas, elle reste dans le(la ?) moule, comme ça, hop, elle plait aux hétéros. C’est la lesbienne des pornos hétéros, c’est la meilleure amie qui ne viendra jamais te piquer ton mec, c’est « l’autre bi » des lesbiennes (pour ceux qui ont raté l’épisode précédent, être bi, c’est pas bien, c’est des L-G qui s’assument pas, comme la lesbienne-fem, ça va, vous suivez ? :D)

Après ce looooong exposé de la situation, je vous laisse en plan, cet article fait déjà une page, si une personne l’a lu en entier, ce sera déjà bien xD

Prof Lolo.

PS : Merci à ma relectrice @lgabrielle, quant aux autres, trop absorbés par les photos (on les comprend), ils n’ont pas vu la faute 😉

« Féminine bienvenue. Bi, hétéros, alcoolos, non. »

Sur les 13 petites annonces de rencontres du Lesbia Mag du mois d’octobre 2010, 3 précisent que les bi ne sont pas désirées. Soit 23%. Ok ce ne sont pas des statistiques très scientifiques, mais moi ça me choque. Et ça me choque toujours quand je vois ou entends des remarques blessantes sur les bisexuels.

« Bi, déséquilibrée, style camionneuse et vulgaire, pas sérieuse s’abstenir. »

« préférence non fumeuse, bi et alcool ne pas répondre. »

Je suis moi-même lesbienne et heureuse d’appartenir à la communauté (enfin appelez ça comme vous voulez) LGBT.

Je comprends fort bien qu’on puisse ne pas vouloir avoir de relation avec des hétéros, des alcoolos, des déséquilibrées, des filles qui ne correspondent pas à ses goûts ou ses besoins, des histoires à problèmes on en a suffisamment comme ça.
Mais au risque de vous étonner, non, les bi ne sont pas toutes des filles à problèmes qui ne savent pas où elles en sont et qui risquent de vous larguer au premier beau jeune homme venu. La plupart sont, surprise, vraiment bi. Pour d’autres il ne s’agira que d’une phase transitionnelle et, plus tard, elles se diront peut-être lesbiennes.
C’est super sympa de les mettre dans le même sac que les déséquilibrées et les alcoolos, je pense qu’elles apprécieront… en gros, fumeuse ok mais alors bi non, ça va pas, faut pas exagérer !!!

Ne rejetez pas les bi au risque de passer à côté d’une belle histoire, ce serait quand même très con.

Non, non Alice, je ne veux pas sortir avec toi, tu es bi, désolée

Et combien de fois ai-je entendu « oui mais bon les trans et les bi, ils ont quand même rien à faire dans notre communauté » ?

Ah bon ? On a tous notre propre définition de notre communauté, de ses limites. Je respecte ça. Laissez-moi juste vous expliquer pourquoi selon moi on est tous fais pour s’entendre.

On a tous eu des questionnements de genre et/ou de sexualité. ET/OU.
Les bi, et bien il se trouve qu’ils ont déjà ressenti une attirance pour des personnes du même sexe que eux. Voir eu des relations sentimentales avec ces personnes. CQFD, je vais pas vous faire un dessin non plus. Dans le cas où ils s’établissent vraiment en couple avec une personne du même sexe que eux, ils seront bien contents d’avoir eu les mêmes droits que les hétéros, c’est donc normal qu’ils se battent à nos côtés s’ils ont envie.
Et les trans ? Ben déjà il y a ceux qui sont eux-mêmes bi ou homos. Pour les problèmes d’identité sexuelle, je m’y connais pas des masses et je m’en voudrais de dire des bêtises. Mais je peux dire que j’en ai eu aussi à une époque (collège pour tout vous dire). Les gens qui se découvrent des attirances pour des personnes du même sexe qu’eux peuvent être amenés à se poser des questions sur leur propre sexe, non ?
Ok les histoires de sexualité et de genre sont très différentes. Mais finalement liées. Entre un mec qui aime les femmes et se sent femme et qui du coup peut être considérée comme lesbienne ou un mec qui aime les mecs et se sent femme et du coup serait hétéro mais est considérée comme homo par la plupart des gens, vous allez pas me dire qu’il n’y a pas de lien avec l’homosexualité là-dedans ? Qu’elle soit effective, potentielle, suggérée, supposée ?

Ce que je vais dire en guise de conclusion est très bateau. Mais plus on est nombreux, plus on est forts. Donc oui je suis lesbienne et donc discriminée en tant que femme et en tant que homosexuelle. Et oui je me sens prête à me battre pour mes droits. Mais aussi ceux des femmes. Et des bi. Et des trans. Et des gays. Et chaque victoire que nous obtenons pour l’un, sera une victoire de plus pour d’autres, et pour l’être humain en général. Alors oui, je me bats pour toute personne victime de discrimination, quelle qu’elle soit.

Et si vous ne vous sentez pas l’âme d’un militant, pas de problème. Mais ne venez pas me dire que les bi et les trans ne font pas partie de ma communauté.